Toujours ravi de venir participer au séminaire annuel des professeurs russes de langue française, j’ai bien sûr répondu présent (pour la troisième fois) lorsque je fus sollicité par Madame la présidente Jeanne Aroutionova, dont j’admire l’œuvre accomplie par elle-même et ses équipes sur une telle durée, pour venir parler sur l’ancien site olympique du quartier moscovite d’Izmaïlovo.
Après la session 2025 réalisée en distanciel, ce fut un réel plaisir de pouvoir enfin retrouver tous ces visages, connus ou non, et l’enthousiasme jamais démenti des participantes et intervenants de multiples horizons. M. Alexandre Giorgini, conseiller culturel, et Madame Zoya Arrignon, lancèrent notamment les débats par des communications portant sur le livre de Jules Verne, Michel Strogoff, et les actions en Russie et en France de l’association « la Renaissance Française ».
Pour ma part, j’ai choisi cette année de présenter un bref aperçu des vies emblématiques de trois Russes blancs engagés dans la Légion étrangère après avoir dû quitter la Russie suite aux événements d’octobre 1917 : à savoir un aristocrate natif de Pétrograd (Alexandre de Knorré) ; un jeune prince géorgien (Dimitri Amilakvari) ; et un juif de Nijni Novgorod (Zinovi Pechkoff).
Ayant eu l’opportunité de faire cet exposé à deux reprises pendant les quatre journées des rencontres de l’AEFR, j’ai eu tout loisir de m’appesantir sur la richesse et les complexités historiques de leurs choix politiques et leurs voyages à travers le monde pour porter si haut les couleurs militaires et diplomatiques de la France Libre et de la principauté de Monaco. En effet ces trois grands hommes ne sont pas tellement connus en Russie, à l’exception toutefois notable de Zinovi Pechkoff car celui-ci fut le frère aîné de Yakov Sverdlov, bras droit de Lénine, et devint le fils adoptif de Maxime Gorki.
Comme me le fit très opportunément remarquer une de mes auditrices, il est saisissant de constater que ces trois personnages furent aussi dignes d’éloges dans leur patrie commune d’origine que dans leur nouvelle patrie d’adoption. Il m’est donc apparu fort approprié de leur rendre un hommage groupé pour ce nouveau séminaire mettant en valeur nos deux cultures de manière si vaste et si vivante.
Tous mes exposés récents (Normandie-Niemen, légion étrangère) doivent beaucoup à ma rencontre avec mon ami Patrick Brangolo, passionné d’archives, et à ses relations parmi les carabiniers du Prince. Faire connaître ainsi que cultiver le souvenir de tels individus d’exception de notre histoire commune, devenus apatrides en 1921 comme tant d’exilés du monde russe, m’apparaît primordial de nos jours.
J’espère que ma modeste contribution au séminaire pourra peut-être donner aux nombreux membres de l’AEFR l’envie de transmettre également cette histoire aux jeunes générations dans leurs classes de français, où leur travail si important pour la langue de Molière ne peut qu’emporter notre gratitude et notre admiration.
En conclusion, cette belle maxime de Dimitri Amilakvari, mort pour la France en Égypte en 1942 : « Nous étrangers, n’avons qu’une seule façon de prouver à la France notre gratitude pour l’accueil qu’elle nous a fait, c’est de mourir pour elle ».
Olivier BURLOTTE
Association « Espace Normandie – Niémen »
Représentant en Russie
(Moscou)
Après la session 2025 réalisée en distanciel, ce fut un réel plaisir de pouvoir enfin retrouver tous ces visages, connus ou non, et l’enthousiasme jamais démenti des participantes et intervenants de multiples horizons. M. Alexandre Giorgini, conseiller culturel, et Madame Zoya Arrignon, lancèrent notamment les débats par des communications portant sur le livre de Jules Verne, Michel Strogoff, et les actions en Russie et en France de l’association « la Renaissance Française ».
Pour ma part, j’ai choisi cette année de présenter un bref aperçu des vies emblématiques de trois Russes blancs engagés dans la Légion étrangère après avoir dû quitter la Russie suite aux événements d’octobre 1917 : à savoir un aristocrate natif de Pétrograd (Alexandre de Knorré) ; un jeune prince géorgien (Dimitri Amilakvari) ; et un juif de Nijni Novgorod (Zinovi Pechkoff).
Ayant eu l’opportunité de faire cet exposé à deux reprises pendant les quatre journées des rencontres de l’AEFR, j’ai eu tout loisir de m’appesantir sur la richesse et les complexités historiques de leurs choix politiques et leurs voyages à travers le monde pour porter si haut les couleurs militaires et diplomatiques de la France Libre et de la principauté de Monaco. En effet ces trois grands hommes ne sont pas tellement connus en Russie, à l’exception toutefois notable de Zinovi Pechkoff car celui-ci fut le frère aîné de Yakov Sverdlov, bras droit de Lénine, et devint le fils adoptif de Maxime Gorki.
Comme me le fit très opportunément remarquer une de mes auditrices, il est saisissant de constater que ces trois personnages furent aussi dignes d’éloges dans leur patrie commune d’origine que dans leur nouvelle patrie d’adoption. Il m’est donc apparu fort approprié de leur rendre un hommage groupé pour ce nouveau séminaire mettant en valeur nos deux cultures de manière si vaste et si vivante.
Tous mes exposés récents (Normandie-Niemen, légion étrangère) doivent beaucoup à ma rencontre avec mon ami Patrick Brangolo, passionné d’archives, et à ses relations parmi les carabiniers du Prince. Faire connaître ainsi que cultiver le souvenir de tels individus d’exception de notre histoire commune, devenus apatrides en 1921 comme tant d’exilés du monde russe, m’apparaît primordial de nos jours.
J’espère que ma modeste contribution au séminaire pourra peut-être donner aux nombreux membres de l’AEFR l’envie de transmettre également cette histoire aux jeunes générations dans leurs classes de français, où leur travail si important pour la langue de Molière ne peut qu’emporter notre gratitude et notre admiration.
En conclusion, cette belle maxime de Dimitri Amilakvari, mort pour la France en Égypte en 1942 : « Nous étrangers, n’avons qu’une seule façon de prouver à la France notre gratitude pour l’accueil qu’elle nous a fait, c’est de mourir pour elle ».
Olivier BURLOTTE
Association « Espace Normandie – Niémen »
Représentant en Russie
(Moscou)