Chère Professeure Jeanne Aroutiounova,
Je tenais à vous exprimer, plus profondément encore, toute ma gratitude pour l’honneur exceptionnel que vous m’avez fait en m’invitant à prendre la parole à l’ouverture du 35e Séminaire National des Professeurs de Français de Russie. Partager cette tribune prestigieuse à vos côtés, ainsi qu’avec Monsieur Alexandre Giorgini et Madame Zoya Arrignon, restera pour moi un souvenir d’une immense valeur.
Ce séminaire a été un véritable voyage au cœur de la francophonie, une exploration riche et émouvante des expériences partagées autour de notre langue commune. Permettez-moi d’en évoquer quelques moments qui m’ont particulièrement touché.
Dès mon arrivée, j’ai été accueilli avec une chaleur et une élégance rare par la lumineuse et si belle Eleonora, dont l’attention délicate et le soin constant tout au long de mon séjour ont transformé un simple accueil en un souvenir impérissable. Ces gestes, si personnels, marquent les cœurs et illustrent la générosité de votre équipe.
Votre évocation des trente-cinq éditions de ce séminaire fut un moment fort. Elle a révélé toute la puissance d’une communauté linguistique unie, résiliente face aux vicissitudes du monde, portée par une passion inaltérable. J’ai vu la fierté dans les yeux des pionniers, gardiens d’une si belle aventure, et l’émotion fervente des nouveaux venus, heureux de rejoindre cette grande famille. L’intervention de cette mère, prenant la parole au nom de sa fille, si modeste dans son désir d’apprendre, en fut le symbole poignant.
Le passionnant récit de Monsieur Giorgini sur Jules Verne et Michel Strogoff m’a transporté, réveillant en moi le souvenir émerveillé de l’enfant que je fus, découvrant Vingt mille lieues sous les mers. Le discours éclairant de Madame Arrignon m’a, quant à lui, ouvert les portes de l’histoire et des idéaux humanistes de la « Renaissance française », rappelant le rayonnement universel des valeurs qu’elle incarne.
Je tiens aussi à vous remercier du fond du cœur pour avoir offert à mon épouse l’opportunité d’animer un atelier. Votre confiance a été pour elle une véritable bénédiction. Revenue enthousiaste et rayonnante de cette expérience, elle y a puisé une énergie nouvelle pour finaliser la publication de son ouvrage. Votre soutien a dépassé le cadre professionnel pour toucher à l’intime, et nous vous en sommes profondément reconnaissants.
Enfin, je vous signale que l’écho de ce séminaire a traversé les frontières. Dans mon pays, la presse officielle a salué la tenue de cette 35e édition que vous présidiez. Cela témoigne, s’il en était besoin, de l’importance et du rayonnement international de votre travail, qui sert de référence à tous les passionnés de la langue française.
Pour tout cela, et pour l’élégance avec laquelle vous orchestrez ce dialogue des cultures, je vous renouvelle mes remerciements les plus chaleureux et les plus respectueux.
C’est avec une joie sincère que je nourris l’espoir de poursuivre notre collaboration, afin de continuer, ensemble, à faire rêver et à bâtir en français.
Madame la Présidente, Professeure Jeanne Aroutiounova, Mesdames et Messieurs les représentants de l’Académie russe du tourisme international, Chers intervenants, Chers professeurs, organisateurs, participants,
En ce jour symbolique du 26 janvier 2026, permettez-moi tout d’abord de vous exprimer ma profonde gratitude pour l’honneur qui m’est fait de prendre la parole devant cette assemblée d’exception. Je salue chaleureusement votre présence, venue des quatre coins de la Russie et de pays amis, pour donner vie à ce 35ᵉ Séminaire National.
Un anniversaire qui honore la persévérance Trente-cinq éditions… Ce chiffre n’est pas qu’un simple anniversaire. Il est le témoin silencieux et puissant de plus de trois décennies d’engagement, de passion et de fidélité. Fidélité à une langue, le français, et aux valeurs de diversité, de dialogue et de découverte qu’elle véhicule. Fidélité aussi à une mission : celle de transmettre, d’éclairer et de créer des ponts.
Je tiens à rendre un hommage appuyé aux organisateurs, à l’Association des Enseignants de Français de Russie (AEFR) et à l’Académie russe du tourisme international, pour avoir maintenu, année après année, ce flambeau allumé. Votre travail est une architecture invisible mais essentielle. Il façonne les rencontres, permet les échanges, et construit patiemment les fondations de l’amitié entre nos cultures. Vous êtes les artisans d’une francophonie vivante, généreuse et ancrée dans le réel russe.
Un thème au cœur des défis de notre temps Le thème de cette année, « L’Univers francophone dans tous ses états : langue et culture, société et innovations », est d’une pertinence remarquable. Il nous rappelle que le français n’est pas un patrimoine figé, mais un espace dynamique en perpétuelle renaissance.
• La langue et la culture sont notre socle commun, cette richesse partagée qui va de la littérature classique aux expressions contemporaines, de la chanson aux arts visuels
• La société et les innovations sont notre horizon. La francophonie d’aujourd’hui est aussi une communauté de solutions, un laboratoire d’idées face aux défis numériques, éducatifs, environnementaux et sociétaux.
Vous, chers professeurs, êtes aux avant-postes de cette réalité. Vous n’enseignez pas seulement des règles grammaticales ; vous donnez à vos élèves des clés pour comprendre un monde complexe, des passeports pour dialoguer avec près de 321 millions de francophones, et des outils pour imaginer l’avenir.
Un message d’encouragement et de confiance. À vous, chers participants, qui avez fait le chemin jusqu’ici malgré les distances et les emplois du temps chargés, je veux dire ceci :
Votre présence aujourd’hui est en elle-même un acte de foi. Une foi dans l’importance de votre métier, qui est l’un des plus beaux et des plus décisifs qui soient. Vous formez non seulement des locuteurs, mais des citoyens du monde, curieux, ouverts et capables de nuance.
Les jours à venir seront intenses. Vous allez absorber de nouvelles méthodes, découvrir des ressources, partager vos expériences. Laissez-vous imprégner par cette énergie collective. Les connexions que vous allez tisser ici, entre vous et avec les brillants intervenants venus de France, d’Algérie, de Belgique, du Cameroun, du Maroc, de Tunisie et d’ailleurs, sont un trésor aussi précieux que le contenu des ateliers. Ce réseau est votre force et celle de la francophonie en Russie.
Le rôle de la diplomatie : accompagner et soutenir. En ma qualité de diplomate, je perçois ce séminaire comme un événement stratégique. La langue est le premier vecteur de la coopération économique, scientifique et universitaire. Chaque élève que vous formez est un futur partenaire, un collaborateur potentiel, un ambassadeur naturel des relations entre la Russie et l’espace francophone.
Sachez que les ambassades, dont celle que j’ai l’honneur de représenter, voient en vous des alliés essentiels. Votre succès est notre succès commun. Nous sommes à vos côtés pour soutenir vos initiatives et valoriser vos réalisations.
En guise de conclusion. Alors que ce 35ᵉ séminaire ouvre ses travaux, je formule pour vous trois souhaits :
Puissiez-vous puiser dans ces échanges une inspiration renouvelée pour votre précieux travail quotidien.
Puissiez-vous repartir avec des outils concrets et des idées nouvelles qui illumineront vos salles de classe.
Puissiez-vous sentir, plus que jamais, la force de la communauté que vous constituez.
Madame la Présidente, chers organisateurs, encore bravo pour cette belle initiative.
Chers participants, je vous souhaite des travaux extrêmement riches, fructueux et stimulants.
Vive la coopération entre nos pays, vive la francophonie, et longue vie à ce séminaire !
Je vous remercie de votre attention et vous souhaite un excellent séminaire.
Ce matin-là, Moscou était un manuscrit oublié sous la neige. Les rues, les toits, les âmes – tout était enseveli sous l’écriture pâle et persistante de l’hiver. Je marchais, suivant l’énigme d’une adresse perdue dans un complexe hôtelier structuré comme un puzzle hellène : Alpha, Bêta, Gamma… Il me fallait trouver le Delta, ce signe du changement, caché sous la ouate glacée du ciel. Le vent sculptait des arabesques éphémères sur les congères, et le froid, un artiste impartial, avait saisi jusqu’au métal des poignées et le sang de mes doigts. J’étais le dernier mot égaré d’une phrase à venir, cherchant sa place dans le discours du jour : l’ouverture du trente-cinquième Séminaire des Professeurs de Français de Russie. Quand je parvins enfin sur les lieux de l’événement, ce ne fut pas dans la chaleur que je pénétrai d’abord, mais dans la lumière d’un sourire.
Elle se tenait là, Éléonora, comme si elle avait jailli du parquet ciré. Une élégance sobre, qui se passait des ors de l’hiver pour rayonner. « Bonjour Joseph. Je suis la vice-présidente et vous souhaite la bienvenue. » Joseph… ! Personne ne m’appelle ainsi en Russie. Seuls les intimes, la famille, les amis les plus chers usent de ce prénom. En une syllabe, je sus que j’étais parmi des miens. Sa voix formait un contrepoint parfait au silence neigeux. Puis ses mains saisirent les miennes, marbres vivants venus du dehors. « Oh, vous avez les mains froides », lança-t-elle, et ce fut moins un reproche qu’une constatation tendre, l’écho de la bataille livrée contre les éléments pour atteindre ce seuil. J’eus un mouvement de recul, presque craintif, comme si je risquais d’altérer la chaleur parfaite de ses paumes, ces cartes d’une géographie accueillante.
Elle fut mon fil d’Ariane dans le labyrinthe de l’événement. « Il y a déjà du beau monde », murmura-t-elle, en me guidant vers l’estrade, parmi les regards bienveillants et les sourires établis. À peine assis, elle revint, telle une fée logistique, portant un paquet noué de prévenances. « Et voici votre cadeau. » L’offrande n’était pas qu’un objet ; c’était un sésame, un morceau de bienvenue matérialisé. Je me perdis en remerciements, soudain conscient que l’hospitalité pouvait être un art aussi tangible que la poésie.
De ma place, je devins son spectateur. Assise au premier rang, elle était le centre calme de la tempête organisatrice. Sa silhouette fine, droite, rayonnait d’une attention absolue. Ses yeux, clairs et mobiles, scrutaient l’espace : un verre d’eau à remplir, un micro à ajuster, un sourire à susciter. En parfaite symbiose avec la Présidente de séance, elle était l’ombre portée de l’ordre, la gardienne du rituel. Elle incarnait cette vérité méconnue : le génie d’un événement réside moins dans les discours prononcés que dans le silence actif de ceux qui en tissent la trame.
Elle ne laissait rien paraître des nuits blanches, des doutes balayés, des listes vérifiées mille fois. Elle était simplement là, présence sereine et efficace, une rose épanouie au cœur de l’hiver institutionnel.
Et quand vint l’heure de reprendre le fil gelé de la ville, ce fut elle, encore, qui scella le souvenir. Le même sourire, intact, la même lumière dans le regard. « Vous viendrez à la réception de clôture ? Il y aura des festivités, et le chœur Georges Brassens chantera. » Sa voix portait la promesse de chaleur humaine et de mélodies partagées. Je dus décliner, emporté par d’autres obligations, et en éprouvai une pointe de regret. Cette fois, en partant, nos mains se serrèrent. La sienne était chaude, d’une chaleur vive et profondément humaine, aussi chaude que l’accueil qu’elle avait su incarner.
En sortant, le froid de Moscou me parut moins vif. Car on peut traverser l’hiver le plus rigoureux, cherchant son Delta dans le blizzard ; il suffit parfois de croiser, à l’orée d’une porte, une Éléonora. Une femme dont le simple geste de prendre des mains glacées devient un acte de résistance poétique, rappelant que même sous les plus épaisses couches de givre, persiste la chaleur inaltérable de l’accueil et de la grâce.
Je tenais à vous exprimer, plus profondément encore, toute ma gratitude pour l’honneur exceptionnel que vous m’avez fait en m’invitant à prendre la parole à l’ouverture du 35e Séminaire National des Professeurs de Français de Russie. Partager cette tribune prestigieuse à vos côtés, ainsi qu’avec Monsieur Alexandre Giorgini et Madame Zoya Arrignon, restera pour moi un souvenir d’une immense valeur.
Ce séminaire a été un véritable voyage au cœur de la francophonie, une exploration riche et émouvante des expériences partagées autour de notre langue commune. Permettez-moi d’en évoquer quelques moments qui m’ont particulièrement touché.
Dès mon arrivée, j’ai été accueilli avec une chaleur et une élégance rare par la lumineuse et si belle Eleonora, dont l’attention délicate et le soin constant tout au long de mon séjour ont transformé un simple accueil en un souvenir impérissable. Ces gestes, si personnels, marquent les cœurs et illustrent la générosité de votre équipe.
Votre évocation des trente-cinq éditions de ce séminaire fut un moment fort. Elle a révélé toute la puissance d’une communauté linguistique unie, résiliente face aux vicissitudes du monde, portée par une passion inaltérable. J’ai vu la fierté dans les yeux des pionniers, gardiens d’une si belle aventure, et l’émotion fervente des nouveaux venus, heureux de rejoindre cette grande famille. L’intervention de cette mère, prenant la parole au nom de sa fille, si modeste dans son désir d’apprendre, en fut le symbole poignant.
Le passionnant récit de Monsieur Giorgini sur Jules Verne et Michel Strogoff m’a transporté, réveillant en moi le souvenir émerveillé de l’enfant que je fus, découvrant Vingt mille lieues sous les mers. Le discours éclairant de Madame Arrignon m’a, quant à lui, ouvert les portes de l’histoire et des idéaux humanistes de la « Renaissance française », rappelant le rayonnement universel des valeurs qu’elle incarne.
Je tiens aussi à vous remercier du fond du cœur pour avoir offert à mon épouse l’opportunité d’animer un atelier. Votre confiance a été pour elle une véritable bénédiction. Revenue enthousiaste et rayonnante de cette expérience, elle y a puisé une énergie nouvelle pour finaliser la publication de son ouvrage. Votre soutien a dépassé le cadre professionnel pour toucher à l’intime, et nous vous en sommes profondément reconnaissants.
Enfin, je vous signale que l’écho de ce séminaire a traversé les frontières. Dans mon pays, la presse officielle a salué la tenue de cette 35e édition que vous présidiez. Cela témoigne, s’il en était besoin, de l’importance et du rayonnement international de votre travail, qui sert de référence à tous les passionnés de la langue française.
Pour tout cela, et pour l’élégance avec laquelle vous orchestrez ce dialogue des cultures, je vous renouvelle mes remerciements les plus chaleureux et les plus respectueux.
C’est avec une joie sincère que je nourris l’espoir de poursuivre notre collaboration, afin de continuer, ensemble, à faire rêver et à bâtir en français.
Discours de Monsieur Josephe Kindundu Mukombo
pour l’ouverture du 35e séminaire national des professeurs de français de Russie
Madame la Présidente, Professeure Jeanne Aroutiounova, Mesdames et Messieurs les représentants de l’Académie russe du tourisme international, Chers intervenants, Chers professeurs, organisateurs, participants,
En ce jour symbolique du 26 janvier 2026, permettez-moi tout d’abord de vous exprimer ma profonde gratitude pour l’honneur qui m’est fait de prendre la parole devant cette assemblée d’exception. Je salue chaleureusement votre présence, venue des quatre coins de la Russie et de pays amis, pour donner vie à ce 35ᵉ Séminaire National.
Un anniversaire qui honore la persévérance Trente-cinq éditions… Ce chiffre n’est pas qu’un simple anniversaire. Il est le témoin silencieux et puissant de plus de trois décennies d’engagement, de passion et de fidélité. Fidélité à une langue, le français, et aux valeurs de diversité, de dialogue et de découverte qu’elle véhicule. Fidélité aussi à une mission : celle de transmettre, d’éclairer et de créer des ponts.
Je tiens à rendre un hommage appuyé aux organisateurs, à l’Association des Enseignants de Français de Russie (AEFR) et à l’Académie russe du tourisme international, pour avoir maintenu, année après année, ce flambeau allumé. Votre travail est une architecture invisible mais essentielle. Il façonne les rencontres, permet les échanges, et construit patiemment les fondations de l’amitié entre nos cultures. Vous êtes les artisans d’une francophonie vivante, généreuse et ancrée dans le réel russe.
Un thème au cœur des défis de notre temps Le thème de cette année, « L’Univers francophone dans tous ses états : langue et culture, société et innovations », est d’une pertinence remarquable. Il nous rappelle que le français n’est pas un patrimoine figé, mais un espace dynamique en perpétuelle renaissance.
• La langue et la culture sont notre socle commun, cette richesse partagée qui va de la littérature classique aux expressions contemporaines, de la chanson aux arts visuels
• La société et les innovations sont notre horizon. La francophonie d’aujourd’hui est aussi une communauté de solutions, un laboratoire d’idées face aux défis numériques, éducatifs, environnementaux et sociétaux.
Vous, chers professeurs, êtes aux avant-postes de cette réalité. Vous n’enseignez pas seulement des règles grammaticales ; vous donnez à vos élèves des clés pour comprendre un monde complexe, des passeports pour dialoguer avec près de 321 millions de francophones, et des outils pour imaginer l’avenir.
Un message d’encouragement et de confiance. À vous, chers participants, qui avez fait le chemin jusqu’ici malgré les distances et les emplois du temps chargés, je veux dire ceci :
Votre présence aujourd’hui est en elle-même un acte de foi. Une foi dans l’importance de votre métier, qui est l’un des plus beaux et des plus décisifs qui soient. Vous formez non seulement des locuteurs, mais des citoyens du monde, curieux, ouverts et capables de nuance.
Les jours à venir seront intenses. Vous allez absorber de nouvelles méthodes, découvrir des ressources, partager vos expériences. Laissez-vous imprégner par cette énergie collective. Les connexions que vous allez tisser ici, entre vous et avec les brillants intervenants venus de France, d’Algérie, de Belgique, du Cameroun, du Maroc, de Tunisie et d’ailleurs, sont un trésor aussi précieux que le contenu des ateliers. Ce réseau est votre force et celle de la francophonie en Russie.
Le rôle de la diplomatie : accompagner et soutenir. En ma qualité de diplomate, je perçois ce séminaire comme un événement stratégique. La langue est le premier vecteur de la coopération économique, scientifique et universitaire. Chaque élève que vous formez est un futur partenaire, un collaborateur potentiel, un ambassadeur naturel des relations entre la Russie et l’espace francophone.
Sachez que les ambassades, dont celle que j’ai l’honneur de représenter, voient en vous des alliés essentiels. Votre succès est notre succès commun. Nous sommes à vos côtés pour soutenir vos initiatives et valoriser vos réalisations.
En guise de conclusion. Alors que ce 35ᵉ séminaire ouvre ses travaux, je formule pour vous trois souhaits :
Puissiez-vous puiser dans ces échanges une inspiration renouvelée pour votre précieux travail quotidien.
Puissiez-vous repartir avec des outils concrets et des idées nouvelles qui illumineront vos salles de classe.
Puissiez-vous sentir, plus que jamais, la force de la communauté que vous constituez.
Madame la Présidente, chers organisateurs, encore bravo pour cette belle initiative.
Chers participants, je vous souhaite des travaux extrêmement riches, fructueux et stimulants.
Vive la coopération entre nos pays, vive la francophonie, et longue vie à ce séminaire !
Je vous remercie de votre attention et vous souhaite un excellent séminaire.
Éléonora
Portrait d’une gardienne d’hospitalité
Ce matin-là, Moscou était un manuscrit oublié sous la neige. Les rues, les toits, les âmes – tout était enseveli sous l’écriture pâle et persistante de l’hiver. Je marchais, suivant l’énigme d’une adresse perdue dans un complexe hôtelier structuré comme un puzzle hellène : Alpha, Bêta, Gamma… Il me fallait trouver le Delta, ce signe du changement, caché sous la ouate glacée du ciel. Le vent sculptait des arabesques éphémères sur les congères, et le froid, un artiste impartial, avait saisi jusqu’au métal des poignées et le sang de mes doigts. J’étais le dernier mot égaré d’une phrase à venir, cherchant sa place dans le discours du jour : l’ouverture du trente-cinquième Séminaire des Professeurs de Français de Russie. Quand je parvins enfin sur les lieux de l’événement, ce ne fut pas dans la chaleur que je pénétrai d’abord, mais dans la lumière d’un sourire.
Elle se tenait là, Éléonora, comme si elle avait jailli du parquet ciré. Une élégance sobre, qui se passait des ors de l’hiver pour rayonner. « Bonjour Joseph. Je suis la vice-présidente et vous souhaite la bienvenue. » Joseph… ! Personne ne m’appelle ainsi en Russie. Seuls les intimes, la famille, les amis les plus chers usent de ce prénom. En une syllabe, je sus que j’étais parmi des miens. Sa voix formait un contrepoint parfait au silence neigeux. Puis ses mains saisirent les miennes, marbres vivants venus du dehors. « Oh, vous avez les mains froides », lança-t-elle, et ce fut moins un reproche qu’une constatation tendre, l’écho de la bataille livrée contre les éléments pour atteindre ce seuil. J’eus un mouvement de recul, presque craintif, comme si je risquais d’altérer la chaleur parfaite de ses paumes, ces cartes d’une géographie accueillante.
Elle fut mon fil d’Ariane dans le labyrinthe de l’événement. « Il y a déjà du beau monde », murmura-t-elle, en me guidant vers l’estrade, parmi les regards bienveillants et les sourires établis. À peine assis, elle revint, telle une fée logistique, portant un paquet noué de prévenances. « Et voici votre cadeau. » L’offrande n’était pas qu’un objet ; c’était un sésame, un morceau de bienvenue matérialisé. Je me perdis en remerciements, soudain conscient que l’hospitalité pouvait être un art aussi tangible que la poésie.
De ma place, je devins son spectateur. Assise au premier rang, elle était le centre calme de la tempête organisatrice. Sa silhouette fine, droite, rayonnait d’une attention absolue. Ses yeux, clairs et mobiles, scrutaient l’espace : un verre d’eau à remplir, un micro à ajuster, un sourire à susciter. En parfaite symbiose avec la Présidente de séance, elle était l’ombre portée de l’ordre, la gardienne du rituel. Elle incarnait cette vérité méconnue : le génie d’un événement réside moins dans les discours prononcés que dans le silence actif de ceux qui en tissent la trame.
Elle ne laissait rien paraître des nuits blanches, des doutes balayés, des listes vérifiées mille fois. Elle était simplement là, présence sereine et efficace, une rose épanouie au cœur de l’hiver institutionnel.
Et quand vint l’heure de reprendre le fil gelé de la ville, ce fut elle, encore, qui scella le souvenir. Le même sourire, intact, la même lumière dans le regard. « Vous viendrez à la réception de clôture ? Il y aura des festivités, et le chœur Georges Brassens chantera. » Sa voix portait la promesse de chaleur humaine et de mélodies partagées. Je dus décliner, emporté par d’autres obligations, et en éprouvai une pointe de regret. Cette fois, en partant, nos mains se serrèrent. La sienne était chaude, d’une chaleur vive et profondément humaine, aussi chaude que l’accueil qu’elle avait su incarner.
En sortant, le froid de Moscou me parut moins vif. Car on peut traverser l’hiver le plus rigoureux, cherchant son Delta dans le blizzard ; il suffit parfois de croiser, à l’orée d’une porte, une Éléonora. Une femme dont le simple geste de prendre des mains glacées devient un acte de résistance poétique, rappelant que même sous les plus épaisses couches de givre, persiste la chaleur inaltérable de l’accueil et de la grâce.
Joseph KINDUNDU MUKOMBO
Diplomate et chercheur
Un ancien élève de l’école des Frères Joséphistes de Kinzambi
Moscou
(Congo/Russie)
Diplomate et chercheur
Un ancien élève de l’école des Frères Joséphistes de Kinzambi
Moscou
(Congo/Russie)