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Laurent Mauvignier: le conteur du silence et du trauma dans la littérature française

Introduction
Le midi du 4 novembre (heure locale), l’écrivain français Laurent Mauvignier, 58 ans, a remporté le 123e Prix Goncourt 2025 avec son roman familial épique traversant un siècle, La maison vide. « Ce coup-là, le Goncourt, on ne me l’avait pas encore fait ! », a déclaré Laurent Mauvignier aux journalistes qui l’ont interviewé. Ainsi, en tant que membre des Éditions de minuit, Mauvignier a permis à la maison d’édition de remporter son quatrième Prix Goncourt dans l’histoire.

Biographie de l’écrivain
Né à Tours en 1967, Laurent Mauvignier est le fils d’un ouvrier manuel et d’une femme de ménage. Dès son enfance, il détestait l’école, mais ayant été contraint de rester à l’intérieur à cause d’une maladie et privé de jeux en plein air, il a développé un goût pour la lecture, qui lui a apporté une sensation de liberté. Il a été profondément influencé par des écrivains tels que Marguerite Duras, Valère Novarina, Claude Simon, François Bon et Thomas Bernhard. À l’âge adulte, il a d’abord étudié les arts visuels dans sa région, puis, suivant le conseil d’un ami écrivain, il a décidé de se consacrer à la littérature et a fait ses débuts littéraires en 1999 avec son premier roman Loin d’eux. Et puis, Des hommes, qui décrit les souvenirs des atrocités de la guerre d’Algérie dans les années 1960, a été sélectionné pour la finale du Prix Goncourt en 2009 et a été adapté au cinéma français par le réalisateur Luca Bellver en 2020. En 2025, il a remporté le 123e Prix Goncourt avec La maison vide, consolidant ainsi sa position dans le monde littéraire.

Œuvres majeures
Œuvres essentielles du début : Exploration de la famille, de la guerre et des formes narratives
Loin d’eux est le premier roman de Laurent Mauvignier, publié en 1999 aux Éditions de minuit en France. C’est également l’œuvre fondatrice de son style littéraire. À 32 ans, Mauvignier venait de passer des arts visuels à la littérature ; ce livre, par sa capture délicate du « silence familial », a attiré l’attention du milieu littéraire français sur ce jeune auteur.

Luc étouffe dans le cadre étriqué de la vie familiale : il veut échapper à l’anesthésie d’une vie avec peu de perspectives dans laquelle il ne parvient pas à s’épanouir. Quand il trouve un emploi de barman à Paris, ses parents, son oncle et sa tante, tout le monde pense que l’activité d’une part mais surtout l’éloignement lui feront le plus grand bien. Tout le monde sauf sa cousine Céline qui a pressenti le drame. Dans ce premier roman Laurent Mauvignier analyse la manière dont l’incompréhension totale peut s’installer entre des êtres au point de les murer, malgré toute leur bonne volonté, dans une solitude tragique et irrémédiable. Loin d’eux dresse un constat accablant : ceux que l’on aime le plus sont souvent ceux qui nous connaissent le moins.

Des Hommes est une œuvre clé publiée par Mauvignier en 2009 et constitue « un saut décisif » dans sa carrière. L’histoire se déroule en 1960, alors que la guerre est à son apogée. Le roman suit le parcours de plusieurs hommes, anciens soldats français qui ont combattu en Algérie. Ils se retrouvent réunis lors d’une soirée, où les souvenirs douloureux de la guerre refont surface.

Mauvignier plonge le lecteur au cœur de l’horreur de la guerre, en décrivant avec réalisme les atrocités commises des deux côtés. Les personnages principaux, tels que Bernard, Rabut et Simon, sont hantés par les souvenirs de la violence et de la mort qu’ils ont vécues en Algérie. Leurs vies ont été brisées par cette guerre, et ils peinent à trouver un sens à leur existence après avoir été témoins de tant de destruction.

Le roman explore également les conséquences psychologiques de la guerre sur les soldats. Les personnages sont tourmentés par des cauchemars récurrents, des flashbacks et des sentiments de culpabilité. Ils sont confrontés à la difficulté de se réintégrer dans la société après avoir été témoins et acteurs de tant de violence.

Apprendre à finir est une œuvre publiée par Mauvignier en 2013. Contrairement au récit familial de Loin d’eux et à l’écriture des traumatismes historiques dans Des hommes, cette pièce déplace complètement son centre d’intérêt vers une rupture formelle du récit, se distinguant comme « le sommet de son expérience formelle ».

L’auteur y raconte l’histoire d’une famille confrontée soudainement à la mort d’un de ses membres. À travers les différents points de vue des personnages, Mauvignier explore les relations complexes entre les membres d’une même famille, ainsi que les difficultés rencontrées par les gens dans la tentative de surmonter les traumatismes psychiques et les épreuves de la vie.

Le roman ne possède pas d’« intrigue » au sens traditionnel du terme ; il utilise une narration à la première personne qui permet au lecteur de se plonger dans l’esprit du personnage principal, invitant le lecteur à une réflexion profonde sur le thème universel de la vie et de la mort. Laurent a rompu la perception selon laquelle « une histoire doit nécessairement avoir une intrigue complète », démontrant que « le flux des émotions et des pensées » peut lui-même constituer un texte littéraire, renforçant davantage la position de Mauvignier parmi les écrivains « formellement innovants » de la littérature française.

La maison vide : Épopée familiale et rédemption du trauma
La maison vide est le dixième roman de Mauvignier, publié en 2025, et constitue « la synthèse ultime et une rupture » de sa création littéraire.

L’histoire commence en 1976, lorsque le père de l’auteur rouvre une maison ancienne abandonnée depuis 20 ans dans la région de Touraine. Les objets laissés dans la maison – un piano à queue noir, les Œuvres complètes d’Émile Zola, une médaille de la Légion d’honneur, un album familial avec des visages coupés – deviennent les fils qui relient le destin de trois générations de femmes. Traversant la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1980, la narration raconte la vie douloureuse de ces trois femmes emportées par l’histoire et le destin : son arrière-grand-mère Marie-Ernestine, une pianiste dont le talent a été étouffé ; sa grand-mère Marguerite, condamnée pour « collaboration » à être tondue et parquée en cortège, puis décédée jeune d’alcoolisme ; et l’auteur lui-même, confronté au trauma du suicide de son père. En 2025, il écrit La maison vide, révèle l’histoire des trois générations de femmes au public et accomplit « la rédemption ultime » du trauma familial.

Thème central : le « silence »
La création de Mauvignier s’articule autour du thème central de « silence et trauma ». De la famille à l’histoire, de l’individu au collectif, elle forme une trame narrative progressante. La forme du « silence » évolue d’une œuvre à l’autre, mais il reste toujours un véhicule manifeste du trauma.

Dans Loin d’eux : La mère n’a pas eu de cris hystériques, mais est tombée dans une « activité répétitive sans sens ». Le frère aîné de Luc, qui travaille dans une autre ville, a reporté son retour sous prétexte d’« heures supplémentaires » et ne parle que de futilités professionnelles au téléphone. Sa sœur, quant à elle, s’est enfermée dans sa chambre et déverse ses émotions en écrivant un journal intime, sans jamais laisser sa famille le lire. Personne n’ose aborder le sujet tabou qu’est Luc. À travers des détails tels que les moments de gêne autour de la table ou les pauses au téléphone, Mauvignier concrétise le silence par le « trauma » pour façonner un « silence émotionnel » dans l’espace familial.

Dans Des hommes : un groupe d’anciens soldats se réunissent régulièrement mais ne parlent jamais de leurs expériences au front. Bernard tombe brusquement en silence lorsqu’il entend le mot « Algérie » ; Rabut est réveillé régulièrement la nuit par des cauchemars et nettoie obsessionnellement un poignard militaire rouillé dans la cour. Mauvignier ne décrit pas directement les traumatismes de guerre des soldats, mais à travers ce silence collectif tacite — leur évitement collectif des « souvenirs de guerre » – il dépeint leur douleur et leur trauma qu’ils ne peuvent ni ne veulent raconter à autrui.

Dans La maison vide : Marie-Ernestine se rebelle contre son destin par le silence « de ne pas toucher le piano » ; Marguerite défend sa dignité par le silence « de brûler des objets » ; la mère échappe à la honte par le silence « de cacher des photos ». Le « silence », en tant qu’expression manifeste du trauma, s’exprime de différentes manières dans le livre. Enfin, l’auteur lui-même, c’est-à-dire « je », brise le silence en écrivant la véritable histoire pour faire parler sa famille et mettre fin au trauma. Chez Mauvignier, le silence n’est jamais un néant statique, mais le témoignage le plus vivant du trauma.

Caractéristiques de l’écriture

Ruptures formelles narratives
Mauvignier cherche constamment à innover sur le plan formel narratif. Il abandonne la logique narrative linéaire traditionnelle, et son innovation formelle sert toujours l’expression du thème, formant une caractéristique créative distinctive.​
Par exemple, Loin d’eux adopte un assemblage fragmenté à partir de multiples perspectives de personnages, la narration sautant librement entre « les souvenirs du père, le journal de la mère et les récits oraux des enfants », sans ligne temporelle linéaire. Dans Apprendre à finir, on lit d’un instant à l’autre : « J’ai donné tous vos vêtements à la charité, je ne les verrai plus jamais », puis soudain la mémoire revient : « L’hiver dernier, vous portiez ce pull, vous m’avez pris une photo dans la neige, vos mains étaient rouges de froid mais vous riiez ». Cette structure simule l’état réel de la mémoire, faisant voyager l’histoire entre souvenir, réalité et imagination, renforçant ainsi l’immersion du lecteur.
Dans Apprendre à finir, l’auteur se concentre sur le monologue intérieur du personnage : « le réveil ne sonnera plus, comme il a sonné à trois heures et demie. Je n’entendrai plus la porte du sous-sol glisser sur ses rails, je n’entendrai plus le moteur de la voiture en bas ». Il ne relate pas l’événement dans son intégralité, ni n’explique ses causes et conséquences, laissant les émotions transparaître naturellement dans les aveux du personnage et permettant au lecteur de deviner son expérience à travers ses activités psychologiques — ce qui renforce la tension du texte.
Cette écriture à « blancs intentionnels » se manifeste également dans la narration « silencieuse » des traumatismes par l’auteur. Dans Des hommes, la maison de Bernard abrite toujours une gamelle militaire verrouillée, devenue un symbole de traumatisme inavoué ; quant à Rabut, il éclate soudain de colère et casse la vaisselle quand son fils renverse le lait, pour immédiatement sombrer dans un plus profond remords. L’auteur ne décrit pas directement le « silence » des personnages, mais au contraire souligne délibérément leur « non-silence » — que ce soit dans leurs comportements apparents ou leurs pensées intérieures. À travers cette écriture contrastée, il laisse des blancs narratifs, faisant émerger naturellement les traumatismes inaccessibles et conférant à l’œuvre une force pénétrante qui touche le cœur des lecteurs.

Narration composite : l’histoire individuelle irradiant celle de la société
L’innovation narrative de Mauvignier n’a jamais été limitée à l’innovation formelle d’une seule œuvre, mais constitue une méthodologie centrale traversant toute sa carrière –depuis l’exploration du trauma familial au début, jusqu’à l’excavation des douleurs cachées de l’histoire au milieu, puis à la reconstruction de l’épopée familiale plus tard. Il fait toujours des lignes du destin individuel un miroir reflétant les tragédies sociales. Par exemple, dans Loin d’eux, la carte de rationnement que la mère cache dans les lettres d’amour, avec la note marginale « laisser une demi-tranche de pain aux enfants », insère la lutte pour la subsistance d’une famille dans le contexte social de pénurie de matières premières en France après la guerre. Avec « des fragments de mémoire familiale », Mauvignier assemble pour les lecteurs les « séquelles de la guerre chez les gens ordinaires » ignorées par la narration historique macrocosmique. Dans Des hommes, le roman exprime une condamnation collective de la violence de la guerre et de l’oubli social en montrant les séquelles de la guerre d’Algérie chez un groupe d’anciens soldats. Dans La maison vide, Mauvignier fait du destin individuel de trois générations de femmes un microcosme des tragédies sociales françaises modernes et contemporaines : les morceaux de costume de concert cachés sous le piano de Marie-Ernestine témoignent de la norme sociale de la fin du XIXe siècle en France selon laquelle « le talent féminin doit céder la place à la famille » ; sa « carrière artistique avortée » n’est pas un regret individuel, mais l’épitomé de l’aliénation du droit au développement pour d’innombrables femmes. L’album familial de Marguerite avec des visages coupés correspond à l’engouement social pour les « accusations fausses de collaboration » après la libération de France en 1944 – selon les archives historiques, environ 20 000 femmes ont été rasées de la tête et parcourues en cortège sous prétexte de « collaboration » injustifiée ; son « effacement » est précisément une note microcosmique de cette violence collective. Bien que la médaille de Jules porte l’inscription « Héros de Verdun », personne ne mentionne la situation de pauvreté de sa femme et de sa fille après sa mort, exposant la réalité sociale après la Première Guerre mondiale selon laquelle « les héros sont symbolisés, tandis que leurs familles survivantes sont ignorées ».

La narration de Mauvignier suit toujours le principe de « partir du petit pour atteindre le grand » : ce qui semble être l’histoire « d’une famille, d’un groupe de personnes, d’une famille » révèle en réalité les traumatismes et les douleurs d’une époque. Cette structure conserve à la fois la texture vivante de la mémoire individuelle et dote la tragédie sociale d’un véhicule émotionnel tangible, réalisant une parfaite interaction entre « narration microcosmique » et « thème macrocosmique ».

Le système métaphorique axé sur les « détails »
Mauvignier s’abstient rarement de l’émotion directe ou de la dissertation ; au lieu de cela, il suggère l’état d’esprit des personnages à travers des détails précis d’objets, des détails d’actions et de l’ambiance, permettant aux émotions et au thème de s’exprimer naturellement à travers les métaphores.​

Les objets sont un outil important de l’émotion chez Mauvignier, et la même catégorie d’objets assume souvent une fonction métaphorique similaire dans différentes œuvres. Par exemple, le journal dans lequel le père écrit les choses inavouées dans Loin d’eux, les notes écrites et déchirées par le protagoniste dans Apprendre à finir, les cartes postales non envoyées par Marguerite dans La maison vide – l’« inachèvement » de l’écriture correspond à l’ambiguïté et au regret intérieurs des personnages. En même temps, les objets sont des fils conducteurs centraux dans le système narratif de Mauvignier. Par exemple, dans La maison vide, des objets comme « le piano, la médaille, l’album » servent d’ancre narrative ; chaque objet correspond à une période historique, et le passage entre les temps et les espaces s’effectue à travers ces objets.

Mauvignier excelle à montrer l’état intérieur des personnages à travers des petites actions répétées, des détails qui n’ont pas besoin d’explication mais sont extrêmement percutants. Par exemple : L’action répétée du protagoniste « ouvrir et fermer le tiroir » dans Apprendre à finir, et celle des anciens soldats « nettoyer constamment la gâchette du fusil » dans Des Hommes, expriment leur contradiction intérieure – vouloir faire face à certaines choses de leurs souvenirs tout en les fuyant. Ces actions répétées « sans sens » sont précisément l’expression la plus vraie du trauma, plus émouvante que toute description psychologique directe.

L’environnement naturel et spatial résonne toujours avec le destin des personnages. Par exemple, le « grenier fermé depuis toujours » dans Loin d’eux métaphore les secrets bloqués au sein de la famille ; le « bord du lac où pleut constamment du froid » dans Des Hommes renvoie à l’état d’esprit sombre et oppressant des anciens soldats ; les « champs de la région de Touraine » dans La maison vide : la luxuriance du printemps et de l’été correspond à la résurrection des souvenirs, tandis que la tristesse de l’automne et de l’hiver correspond au poids du trauma. Mauvignier ne décrit jamais l’environnement de manière volontaire, mais laisse l’environnement devenir une expression manifeste du destin des personnages.

Influence de l’écrivain
Statut emblématique dans le milieu littéraire
Avec sa profondeur thématique et son innovation formelle, l’œuvre de Laurent Mauvignier est considérée comme « la représentante de la littérature française de la génération intermédiaire ». En 2025, La Maison vide a remporté de nombreux prix prestigieux tels que le Prix Goncourt et le Prix Littéraire du Monde, confirmant son statut de premier plan dans le paysage littéraire français.

Parallèlement, le système créatif qu’il a construit autour du « récit composite » a offert à la littérature contemporaine un nouveau paradigme : « incarner des propositions grandioses à travers un récit microcosmique ». Pour Le Monde, l’œuvre est également essentielle dans la bibliographie de l’écrivain : « La maison vide apparaît comme un méta-roman puisque, tout en ayant sa structure et son histoire propres [...] ». Du côté de Télérama, le livre de Laurent Mauvignier est « une saga d’une infime pudeur », « une bouleversante quête de vérité » — ne s’appuyant pas sur l’accumulation d’événements historiques grandioses, mais tissant l’histoire à travers les lignes émotionnelles des individus, une approche qui est devenue une nouvelle voie pour l’écriture de l’histoire dans la littérature contemporaine.

Diffusion publique et résonance mondiale
Laurent Mauvignier a brisé le mythe selon lequel « la littérature pure est acclamée mais ne se vend pas » : Depuis sa sortie en août 2025, La Maison vide a dépassé 82 000 exemplaires vendus en trois mois. Après avoir remporté le Prix Goncourt, son éditeur, les Éditions de Minuit, a rapidement lancé un plan de réimpression, faisant de lui l’un des romans sérieux les plus vendus sur le marché littéraire français des dix dernières années. De plus, l’ensemble de ses œuvres a généré un effet long traîne : Des œuvres anciennes telles que Loin d’eux et Apprendre à finir ont retrouvé l’attention du marché après la victoire de La Maison vide, réalisant un succès transgénérationnel.

Avec la consécration de La Maison vide, les œuvres de Laurent Mauvignier ont été traduites en plus de vingt langues, leurs droits d’auteur se sont vendus dans le monde entier, et leur public de lecteurs étrangers s’est étendu rapidement. Sophie Todescato (directrice de la librairie Les Temps modernes) a commenté : « C’est un vrai et grand livre de littérature, pas juste un récit de vie, une autobiographie ou un roman en costume qui se passe en Touraine, dans la ville de Descartes, où l’on assiste à l’ascension et à la chute d’une famille ordinaire de petits propriétaires agricoles. »

Sa création non seulement dévoile au monde le charme de la littérature française contemporaine, mais aussi fournit un exemple pour l’écriture transculturelle sur « la mémoire familiale et les traumatismes historiques », devenant un pont important entre la littérature française et la littérature mondiale.

« Éveilleur » de questions sociales
L’influence fondamentale de Laurent Mauvignier réside dans le fait qu’il utilise « le récit individuel » pour susciter une réflexion collective sur l’histoire oubliée, faisant de la littérature un outil d’éveil de la mémoire historique. Dans Des Hommes, à travers les souvenirs traumatisants des anciens soldats, on a une réflexion sur l’« injustice » de la Guerre d’Algérie. Dans La Maison vide, la scène où Marguerite est faussement accusée de « collaboration » et forcée à une promenade publique avec les cheveux rasés pointe directement l’épisode historique controversé de « près de 20000 femmes injustement humiliées » après la Libération de la France en 1944.

Après avoir remporté le prix, Laurent Mauvignier a déclaré à l’AFP : « Après deux ou trois générations, la mémoire s’estompe progressivement. Une fois que ce fil est cassé, tout s’achève définitivement. » Il utilise ses œuvres pour faire entrer les « questions silencieuses » de l’histoire moderne et contemporaine de la France dans le débat public, menant une interpellation et un examen ouverts sur « l’histoire masquée ».

Conclusion
La création littéraire de Laurent Mauvignier, axée sur le thème central de « silence et trauma », emploie des techniques uniques telles que la narration fragmentée, l’écriture de blancs et la narration composite. À travers des œuvres majeures, elle relie profondément l’individu, la famille et l’histoire – depuis l’aliénation émotionnelle au sein de la famille, jusqu’aux douleurs collectives sous l’ombre de la guerre, puis aux empreintes de l’époque dans l’épopée familiale. Il porte des thèmes macrocosmiques par le biais de la narration microcosmique, faisant parler les traumatismes silencieux à travers des objets, des détails et des métaphores. Ses œuvres ont remporté des distinctions littéraires telles que le Prix Goncourt, obtenant à la fois la reconnaissance du marché et de la critique. Elles ont en outre réveillé la réflexion de la société sur les histoires cachées, fournissant un nouveau paradigme de création pour la littérature contemporaine.

Sources utilisées:
1.洛朗·莫维尼耶以七百五十页家族史诗《空宅》获龚古尔奖 康慨 中华读书报 国际 2025 年11 月12 日第004版
2.« La Maison vide », « un très beau Goncourt » que Laurent Mauvignier présente à Orléans, par Katia Beaupetit, la republic du centre. Publié le 27 novembre 2025 à 06h30
3.Laurent Mauvignier à la Foire du livre de Brive : « Ce coup-là, le Goncourt, on ne me l’avait pas encore fait ! », par Julien Bachellerie, la republic du centre. Publié le 09 novembre 2025 à 09h34
4.Laurent Mauvignier – Loin d’eux, https://culturezvous.com/laurent-mauvignier-loin/ par Antoine Vitek. Publié le 6 mai 2019

XU Han

Étudiante du département de français

École des langues étrangères

Université de Nankin

(Chine)

2026-04