Même si nous sommes au XXIe siècle, à l’ère du numérique, de l’intelligence artificielle, des ordinateurs et des machines, les débats sur les « physiciens » et les « lyrikis » persistent. Si nous voulons un progrès équilibré, tout en développant les aspects techniques de la vie, nous ne devons jamais, sous aucun prétexte, négliger le développement spirituel. Et pour toute personne sensée, la poésie est le meilleur aliment spirituel.
Pour moi, lapoésie est un atout pédagogique qui prépare le cerveau à d’autres apprentissages, comme la conjugaison ou le calcul. On a beaucoup écrit sur la poésie, et on pourrait en parler indéfiniment, mais l’essentiel est de la chérir, de se souvenir qu’elle est la mémoire des générations et de l’expérience humaine, le trésor de toute l’humanité. J’aime beaucoup cette citation de Charles Baudelaire : « Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours – de poésie jamais ».
Selon moi, apprendre des poèmes est vivement recommandé car cela stimule la mémoire, enrichit le vocabulaire, fait découvrir de nouvelles expressions et améliore la concentration. C’est un excellent exercice pour la déclamation, renforçant la confiance en soi, l’expression orale et la gestion du stress. De plus, cela développe la sensibilité artistique et la compréhension de structures langagières complexes.
Mais comment motiver les apprenants pour qu’ils aiment la poésie ? Je pense quel’un des moyens importants d’accroître la motivation des apprenants et de les impliquer activement en classe est l’utilisation d’œuvres poétiques. Il est possible et nécessaire de le faire dès les premières leçons, en proposant aux apprenants, pour la formation et le développement de leurs compétences en prononciation, d’apprendre à parler rapidement en rimant, parfois même dans leur langue maternelle (le russe).
«Черноокая Россетти
В самовластной красоте
Все сердца пленила эти
Те, те и те, те, те». (A. Pouchkine).
Un texte poétique est un texte qui procure du plaisir grâce à son rythme et à ses rimes, et qui, par le fait même, transmet un amour et une admiration pour la sonorité et la puissance de la langue française. De nombreuses années d’expérience dans l’enseignement m’ont permis de constater que les apprenants travaillent assidûment les sons individuels, les mots difficiles à prononcer et l’intonation présentés sous forme de rimes. Si le temps consacré à l’étude de la langue le permet, on pourrait suggérer aux élèves d’apprendre un poème par cœur, mais il ne faut pas insister. La mémorisation de vers n’est pas une fin en soi. Pour moi, il est primordial d’atteindre, avant tout, une prononciation irréprochable, car la prononciation est en quelque sorte une « carte de visite », et, d’autre part, une compréhension et une interprétation complètes du contenu.
L’initiation des apprenants à la poésie a surement beaucoup d’avantages. Tout d’abord, la poésie améliore la mémoire. Plusieurs de mes apprenants que je revois après plusieurs années d’études, se mettent, comme un « mot de passe », à citer des vers de Victor Hugo, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire, Arthur Rimbaud, Maurice Carême, Robert Desnos, Jacques Prévert, etc., qu’ils aiment tant. Toute mémorisation contribue à la création de connexions neuronales. D’un point de vue psychologique, ceux qui étudient la poésie retiennent ensuite mieux et plus facilement les dates historiques, les formules, voire les numéros de téléphone, et deviennent également de bons orateurs.
De plus, la poésie améliore l’élocution et la diction. On pensait, à juste titre, que les erreurs de prononciation nuisaient à la réalisation de la fonction principale du langage : la communication.
Tout en maintenant un intérêt pour le français comme moyen de communication, il est essentiel de développer l’intérêt pour cette langue comme vecteur d’une culture unique. À cet égard, l’utilisation du patrimoine culturel et spirituel de la France ou des pays francophones est d’une aide inestimable. Ainsi, l’enseignement de la poésie s’accompagne de celui de la culture du pays dont la langue est étudiée ; la poésie devient alors un facteur de motivation important pour l’apprentissage du français. Grâce aux poèmes, on se rend compte que les mots peuvent servir à bien des choses. On peut les écrire, les lire, les réciter, mais aussi former des phrases, qui seront drôles, tristes ou amusantes. La magie des mots est là pour découvrir un nouvel univers.
Pour moi, lapoésie est un atout pédagogique qui prépare le cerveau à d’autres apprentissages, comme la conjugaison ou le calcul. On a beaucoup écrit sur la poésie, et on pourrait en parler indéfiniment, mais l’essentiel est de la chérir, de se souvenir qu’elle est la mémoire des générations et de l’expérience humaine, le trésor de toute l’humanité. J’aime beaucoup cette citation de Charles Baudelaire : « Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours – de poésie jamais ».
Selon moi, apprendre des poèmes est vivement recommandé car cela stimule la mémoire, enrichit le vocabulaire, fait découvrir de nouvelles expressions et améliore la concentration. C’est un excellent exercice pour la déclamation, renforçant la confiance en soi, l’expression orale et la gestion du stress. De plus, cela développe la sensibilité artistique et la compréhension de structures langagières complexes.
Mais comment motiver les apprenants pour qu’ils aiment la poésie ? Je pense quel’un des moyens importants d’accroître la motivation des apprenants et de les impliquer activement en classe est l’utilisation d’œuvres poétiques. Il est possible et nécessaire de le faire dès les premières leçons, en proposant aux apprenants, pour la formation et le développement de leurs compétences en prononciation, d’apprendre à parler rapidement en rimant, parfois même dans leur langue maternelle (le russe).
«Черноокая Россетти
В самовластной красоте
Все сердца пленила эти
Те, те и те, те, те». (A. Pouchkine).
Un texte poétique est un texte qui procure du plaisir grâce à son rythme et à ses rimes, et qui, par le fait même, transmet un amour et une admiration pour la sonorité et la puissance de la langue française. De nombreuses années d’expérience dans l’enseignement m’ont permis de constater que les apprenants travaillent assidûment les sons individuels, les mots difficiles à prononcer et l’intonation présentés sous forme de rimes. Si le temps consacré à l’étude de la langue le permet, on pourrait suggérer aux élèves d’apprendre un poème par cœur, mais il ne faut pas insister. La mémorisation de vers n’est pas une fin en soi. Pour moi, il est primordial d’atteindre, avant tout, une prononciation irréprochable, car la prononciation est en quelque sorte une « carte de visite », et, d’autre part, une compréhension et une interprétation complètes du contenu.
L’initiation des apprenants à la poésie a surement beaucoup d’avantages. Tout d’abord, la poésie améliore la mémoire. Plusieurs de mes apprenants que je revois après plusieurs années d’études, se mettent, comme un « mot de passe », à citer des vers de Victor Hugo, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire, Arthur Rimbaud, Maurice Carême, Robert Desnos, Jacques Prévert, etc., qu’ils aiment tant. Toute mémorisation contribue à la création de connexions neuronales. D’un point de vue psychologique, ceux qui étudient la poésie retiennent ensuite mieux et plus facilement les dates historiques, les formules, voire les numéros de téléphone, et deviennent également de bons orateurs.
De plus, la poésie améliore l’élocution et la diction. On pensait, à juste titre, que les erreurs de prononciation nuisaient à la réalisation de la fonction principale du langage : la communication.
Tout en maintenant un intérêt pour le français comme moyen de communication, il est essentiel de développer l’intérêt pour cette langue comme vecteur d’une culture unique. À cet égard, l’utilisation du patrimoine culturel et spirituel de la France ou des pays francophones est d’une aide inestimable. Ainsi, l’enseignement de la poésie s’accompagne de celui de la culture du pays dont la langue est étudiée ; la poésie devient alors un facteur de motivation important pour l’apprentissage du français. Grâce aux poèmes, on se rend compte que les mots peuvent servir à bien des choses. On peut les écrire, les lire, les réciter, mais aussi former des phrases, qui seront drôles, tristes ou amusantes. La magie des mots est là pour découvrir un nouvel univers.
Jeanna Aroutiounova
Présidente de l’AEFR
Enseignante, maître de conférences,
Université Russe de l’amitié des peuples P. Lumumba
Moscou (Russie)
Présidente de l’AEFR
Enseignante, maître de conférences,
Université Russe de l’amitié des peuples P. Lumumba
Moscou (Russie)