La Grande Migration des animaux sauvages sur la savane de l’Afrique de l’Estest impressionnante. Des millions de gnous, de zèbres et d’antilopes se déplacent vers le nord depuis la réserve du Serengeti en Tanzanie et se terminent dans le Parc national du Maïsai Mara au Kenya, parcourant plus de 3 000 kilomètres. Pour chercher de l’herbe nouvelle, ces animaux subissent souvent l’attaque des lions et des léopards qui tendent des embuscades, mais aussi celle des crinières qui apparaissent à tout moment et des crocodiles qui se rassemblent dans l'étroite rivière Mara. Ces prédateurs sont prêts à partager le festin. Après avoir atteint le Maïsai Mara, en raison du changement climatique, cette armée de l’expédition composée d’innombrables d'animaux herbivores s’y arrête pour deux ou trois mois, puis, elle retourne vers le Serengeti à la cherche de l’herbe verte. Parmi ces quelques millions d’animaux herbivores, seuls 30 % des chanceux peuvent revenir à leur point de départ, et avec eux reviennent 400 000 nouvelles vies nées au cours de ce voyage passionnant. De décembre à mai de l’année suivante, ces herbivores africains vivent tranquillement dans la zone protégée du Parc national du Serengeti. On y trouve en abondance des plantes aquatiques qui leur fournissent suffisamment de nourriture. Chaque année, de la mi-mai à la fin du mois de mai, le Parc national du Serengeti entre dans la saison sèche, l’herbe et l’eau du Parc ne peuvent plus répondre aux besoins d'un tel nombre d’herbivores, alors ces derniers commencent à migrer vers le nord-ouest pour rattraper l’herbe et l’eau. Le mois de juin de chaque année est la période de lactation des animaux. A cette époque, beaucoup de jeunes gnous, zèbres, antilopes naissent sur le chemin de migration, la Grande Migration des animaux est donc très difficile pour ces petites vies. En juillet et août, la sécheresse persistante menace sérieusement la survie des animaux, c'est pourquoi ces herbivoresu sont obligés de traverser la frontière, de franchir la rivière Mara et arrivent au Maïsai Mara. Cette situation perdurera chaque année jusqu’en septembre, voire en octobre. À partir d’octobre, la savane africaine du Serengeti inaugure de nouveau la saison des pluies. Humidifiée par la pluie, l'herbe commence à verdir. Avec une superficie d’environ un dixième de celle du Serengeti, le Parc national du Maïsai Mara n’est pas assez grand pour accueillir un tel nombre d’herbivores. Alors, ces animaux recommencent à se déplacer vers le sud, et l’ensemble de ce déplacement dure environ un mois. En gros, cela se termine chaque année en décembre. En février, les animaux rentrent chez eux et commencent à se reproduire et à récupérer, reconstituant progressivement le nombre d'animaux perdus au cours du déplacement et se préparant pour l’année suivante. En général, les troupeaux participant à la Grande Migration se répartissent en « trois armées ». En tête se trouvent plus de 200 000 zèbres sauvages, suivis de près par un million de gnous, et derrière eux se trouvent 500 000 gazelles. Parce que les zèbres aiment manger de l’herbe nouvelle dans les couches supérieures, l’herbe tendre de la couche intermédiaire est la nourriture des gnous et l’herbe courte de la couche inférieure est celle des gazelles. Attention ! Suivant de près les herbivores se trouvent des groupes de carnivores féroces tels que lions d'Afrique, guépards et les crinières.
Traversée de la rivière Mara
La réserve animalière du Maïsai Mara au Kenya, accueille chaque année la plus grande migration d’animaux sauvages du monde, de juillet à septembre. Situé en Afrique de l’Est, le Kenya est traversé par l’équateur, la Vallée du Rift s’étendant du nord au sud. Le mont Kenya, au milieu, est le deuxième plus haut sommet d’Afrique, et le Kenya tire son nom de ce mont. C’est l'un des berceaux de l'humanité, ses fossiles de crânes humains remontent d’environ 2,5 millions d'années, connu comme berceau de l'humanité. Le terrain complexe du Kenya se présente aux voyageurs avec des caractéristiques complètement différentes. Au cours de la Grande Migration, la scène la plus spectaculaire et la plus dangereuse est la traversée de la rivière Mara. Chaque année, de juillet à septembre, les gnous traversent les rapides gonflés de la rivière Mara et ils sont souvent bloqués par les crocodiles. Il s’agit d’une véritable représentation de la sélection naturelle dans le monde animal, et c’est aussi une animation vivante de la lutte pour le cycle de la vie. Cet endroit est le seul endroit appelé « la traversée vers le paradis», car le terrain des deux côtés de la rivière Mara est relativement élevé, avec des falaises de plus de dix mètres de haut et quelques buissons, même si les troupeaux de gnous et de zèbres arrivent dans ces zones, ils ne peuvent pas sauter directement dans la rivière. De plus, il y a des crocodiles dans la rivière Mara. Lorsque des centaines de milliers des migrants traversent la rivière, c'est poussiéreux et passionnant, cette scène permet d’expliquer véritablement ce qu’est le sens de la vie. Le Maïsai Mara au Kenya et le Serengeti en Tanzanie forment ensemble le plus grand écosystème de la savane d’Afrique de l’Est. Le fonctionnement de l’écosystème, y compris les conditions de vie des animaux sauvages, les ressources en eau potable et l’approvisionnement en végétation, est étroitement lié aux modèles climatiques. Le Parc national du Maïsai Mara est considéré comme la réserve la plus célèbre du monde. Ce paradis animalier se compose de 1 672 kilomètres carrés de plaines ouvertes, de forêts et de forêts riveraines. C’est le plus grand habitat de mammifères sauvages du monde, avec 95 espèces de mammifères et 450 espèces d’oiseaux. Cet endroit est appelé comme royaume des lions, ces prédateurs majestueux et puissants ont le droit de domination absolu. Les léopards indiens sont également très communs, tout comme hyènes ou crinières. La vague de chaleur de la savane arrive à midi et tous les prédateurs sont somnolents à cause du soleil, il est donc préférable de rendre visite aux prédateurs tôt le matin ou après le coucher du soleil.
Crise et réflexions
La savane d’Afrique de l’Est est isolée et mystérieuse, et les scènes de migration des animaux sauvages sont souvent diffusées à la télévision : lions, tigres, guépards, éléphants, hippopotames, rhinocéros, zèbres, gazelles, phacochères... D’innombrables animaux cherchent de la nourriture et migrent tous ensemble, et ils sont pris en embuscade par des crocodiles alors qu'ils traversaient la rivière Mara. La savane d’Afrique de l’Est est un paradis pour ces animaux, qui interprète parfaitement la loi de la loi de la jungle et fait éclater la puissance primitive et sauvage et de réfléchir aux enjeux de l'évolution humaine, soit, la condition fondamentale de la vie, c’est de remplir l’estomac ; et la qualité de vie, c’est la lutte pour les droits d’accouplement et de domination. Bien que la société humaine soit différente des animaux de niveau inférieur depuis longtemps, les traces de l’évolution n’ont pas vraiment disparu chez les hommes.
La sécheresses et l’inondation extrêmes affectent énormément l’écologie de la savane, les couloirs de la Grande Migration sont considérablement réduits. Selon les données météorologiques, au cours des 60 dernières années, les précipitations y ont dépassé les moyennes historiques. De graves sécheresses et des précipitations extrêmement abondantes se sont produites à plusieurs reprises et les températures ont augmenté de 4,8°C à 5,8°C. Ces changements provoquent des réactions en chaîne telles que la diminution de la végétation et des sources d’eau.
Les activités humaines affectent également l’équilibre des écosystèmes de la savane. D’un côté, les êtres humains ont besoin de se développer, de l’autre, il est tout aussi important de protéger les animaux sauvages. Serengeti ne doit pas mourir est un film documentaire allemand, réalisé par Bernhard Grizimek et sorti en 1959, qui est un plaidoyer pour l’importance de la préservation de l’écosystème du Parc national Serengeti. Ce film a attiré l’attention de la société internationale. Ces dernières années, le Kenya s’est concentré sur la coopération avec les entreprises chinoises, et les entreprises chinoises mettent également en pratique le concept de développement vert dans le secteur de la construction au Kenya. Par exemple, lors de la planification du chemin de fer Mombasa-Nairobi reliant la ville côtière kenyane de Mombasa à la capitale Nairobi, les ingénieurs chinois ont déplacé l'ensemble du chemin de fer de 15 kilomètres vers le sud. Cela a nécessité la construction de neuf ponts supplémentaires et une augmentation de 12 % des coûts du projet. Elle a cependant libéré un couloir de migration pour un grand nombre de gnous.
Il faut reconnaître que l’Afrique est un continent pauvre, mais humanitaire. Son humanitarité se manifeste par le compromis et la bonne entente avec les animaux sauvages. La Grande Migration des animaux sur la savane de l’Afrique de l’Est nous permet de connaître la civilisation africaine, qui est souvent mal comprise, sous-estimée, voire diabolisée. L’injustice sociale que les Africains ont subie est un phénomène anormal, il faut la faire disparaītre. Avec l’amélioration de la condition de vie, le voyage intercontinental sera très populaire, mais s’il y a de la chasse illégale, nos descendants pourraient-ils encore voir les girafes, les bisons, les gazelles, les lions et les crocodiles? Les hommes et les animaux sont, dans un certain sens, la même communauté de destin. Pour maintenir l’équilibre écologique de la Nature, ce qui est important, c’est la technologie, mais ce qui est le plus important, c’est la sagesse. Tout comme le souhaite Bernhard Grizimek, réalisateur allemand, que le Serengeti et le Maïsai Mara ne meurent jamais !
LIU Chengfu
Professeur
Université de Zhejiang Yuexiu, Université de Nanjing