Dans cet article nous allons aborder l’histoire du professeur et écrivain béninois Jean Pliya. La recherche débutera par sa biographie et se terminera par de brefs récapitulatifs de ses ouvrages. Une attention particulière sera accordée à la vie politique de l’écrivain, ce qui nous permettra d’avoir un point de vue complet et bien approfondi sur l’histoire de l’homme que fut Jean Pliya.
En ce moment le Dahomey qui est l’actuel Bénin était l’une des colonies françaises des États de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi donc la langue française a eu une grande importance dans la vie de l’écrivain.
Après son cursus scolaire à l’école primaire, il obtient son brevet Élémentaire au collège classique et moderne Victor-Ballot dans la capitale dahoméenne Porto-Novo. Étant major de sa promotion, il poursuit ses études secondaires en Côte d’Ivoire puis au Sénégal où il obtient son baccalauréat en 1952 à l’école normale William Ponty de Dakar. Dans l’objectif de poursuivre ses études supérieures, Jean Pliya se rend à Toulouse en France où il obtient sa licence en géographie en 1957 suite à la soutenance de son mémoire dont le thème portait sur le climat des Pyrénées centrales. En 1957 il obtient son DES (Diplôme d’Études Supérieures). La même année le jeune étudiant passe brillamment le CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) ce qui lui permettra de devenir professeur de géographie reconnu par le Ministère français chargé de l’éducation nationale.
De 1957 à 1969 Jean Pliya enseigne l’histoire et la géographie à Cahors dans le sud de la France, puis au Bénin, principalement dans les villes de Porto-Novo et Cotonou, puis finalement au Togo au Centre d’Enseignement Supérieur de Lomé. De 1969 à 1976, il a pu se baser au Bénin où il défend en 1976 sa thèse de doctorat en géographie à l’Université d’Abomey-Calavi. Le thème de ce dernier portait sur la pêche dans le Sud-Ouest du Bénin. Notons qu’au Dahomey (actuel Bénin) dans les années 70 et 80, Jean Pliya a pu gravir les échelons. Ayant commencé en tant qu’assistant, il devient rapidement maître-assistant et ensuite vice-doyen de la faculté des lettres et sciences humaines à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Les qualités et la compétence de l’homme ont été remarquées, ce qui a eu comme résultat la nomination au poste de recteur de l’Université nationale du Bénin de 1981 à 1983. Jean Pliya termine sa carrière de professeur en 1991 au Niger où il enseigne la géographie tropicale et économique à l’Université de Niamey.
Outre sa carrière professionnelle, notons que l’homme a consacré une bonne partie de sa vie à la religion puisqu’il fut un chrétien catholique fervent.
Marié et père de sept enfants, ses chants religieux composés par lui-même ne cessent de résonner dans les églises catholiques non seulement de la sous-région ouest africaine mais aussi dans les autres régions du continent africain. Il fut également l’un des bergers fondateurs du renouveau charismatique (au Bénin) qui est un mouvement apparu aux États-Unis dans les années 60 encourageant une expérience plus personnelle de la foi et qui s’est étendu à travers diverses confessions chrétiennes dont le protestantisme et le catholicisme. À part ses ouvrages vers lesquels nous allons revenir plus tard dans cette recherche, Jean Pliya a également écrit des œuvres théâtrales qui sont jouées dans toute l’Afrique. Ses enseignements spirituels sont une source d’inspiration pour de nombreux chrétiens à travers tout le monde.
Jean Pliya rendit l’âme en mai 2015 dans sa 84ème année. Son décès a été un coup dur non seulement pour sa famille, mais aussi pour ses milliers de fans à travers le monde entier. Ses œuvres ont fait de lui un homme unique car comme l’indiquera cette recherche, il fut à la fois nouvelliste, conteur, romancier, essayiste, dramaturge, naturothérapeute, prédicateur, historien, professeur de géographie.
Étant consultant de 1976 à 1980 au Ministère du développement rural et de la coopération, l’apport de Jean Pliya a été d’une grande importance pour l’évolution et la stabilité des travaux dudit Ministère. Il fut également de 1979 à 1981 membre de la Commission de réflexion sur le développement de l’éducation de l’UNESCO. Ensuite de 1980 à 1983, il devient titulaire du Comité permanent de l’institut pour l’éducation de l’UNESCO.
La carrière politique de Jean Pliya n’a peut-être pas été la plus enrichissante mais elle a le mérite d’être considérée comme l’une des étapes importantes qui a contribué au développement personnel de l’homme.
Son écriture est d’ordre néo-classique et généralement aborde des thèmes comme : la dérive de l’administration, les désillusions de la Révolution, la société béninoise qui est en pleine transformation, les conflits entre tradition et modernité, etc.
Dans la partie biographie de cette recherche, Jean Pliya a été qualifié de : nouvelliste, conteur, romancier, essayiste, dramaturge, naturothérapeute, prédicateur, historien, professeur de géographie. Ainsi donc dans la suite de cet article, nous allons citer quelques ouvrages qui corroborent la thèse selon laquelle Jean Pliya mérite les qualifications qui lui ont été attribuées. Nous allons nous focaliser sur les qualifications suivantes : nouvelliste, dramaturge, conteur, romancier, historien et naturothérapeute.
Jean Pliya avec ses ouvrages L’arbre fétiche et Le chimpanzé amoureux sortis respectivement en 1963 et 1977, nous amène à le qualifier de nouvelliste. L’arbre fétiche est un ouvrage qui explore l’imaginaire et les réalités béninoises tout en combinant la modernité et les traditions ancestrales.
Dans ce dernier, l’arbre est représenté comme une force vitale et cosmique ayant trait à la spiritualité, l’écologie, le dualisme entre le passé le présent, ainsi que les défis du développement post-colonial.
Le chimpanzé amoureux est par contre un livre qui parle d’une histoire de fiction dont l’intrigue est propre à l’auteur. Ces ouvrages sont tous deux aussi intéressants, car leur apparition a apporté un coup de pouce et d’inspiration à la littérature africaine et surtout béninoise.
En qualité de dramaturge, Jean Pliya a écrit : Kondo le requin et La secrétaire particulière respectivement sortis en 1967 et 1973. Kondo le requin est un ouvrage spécialement dédié à la ville d’Abomey (la capitale historique du Bénin), principalement à son roi Béhanzin (communément appelé Gbéhanzin).
Kondo le requin relate la fresque histoire de la résistance anticoloniale par le roi Béhanzin ainsi que son exil tragique après la défaite face à l’armée française, une défaite qui a été conditionnée par la trahison de son propre frère. D’ailleurs une pièce théâtrale du nom de Le trône de Béhanzin illustrant bien les éléments cités dans le livre est réalisée et conduite aujourd’hui par l’ex-rappeur béninois Amir Alli avec la participation de l’artiste national béninois Don Métok. Cela démontre encore une fois que malgré l’ancienneté des œuvres de l’écrivain Jean Pliya, la jeunesse continue toujours de s’inspirer de ces dernières.
La secrétaire particulière est un ouvrage très populaire de Jean Pliya qui a été mis au programme pour les études de cours secondaires au Bénin. Dans cet ouvrage l’auteur dénonce l’incompétence des fonctionnaires africains ainsi la corruption qui représente un obstacle pour le développement des États. Il s’agit de l’histoire de Monsieur Chadas qui est un patron très véreux et qui a pour réputation d’abuser de son pouvoir tout en ayant une grande influence sur ses deux secrétaires. Il s’agit d’une part de la secrétaire Nathalie, incompétente mais très séductrice et de la secrétaire Virginie, très consciencieuse et qui n’a pas l’ambition de céder à la corruption.
Dans cet ouvrage Jean Pliya lance un cri d’indignation directement lié aux injustices sociales et au manque de considération des masses rurales. L’ouvrage est un succès et représente un appel à un changement réel dans la société.
Jean Pliya est qualifié de conteur, car son ouvrage La fille têtue sorti en 1982 illustre bien un recueil de contes traditionnel du Bénin. Cet ouvrage parle de l’enfant insoumise, comprise par ses parents malgré sa désobéissance.
L’histoire est comparable à celle de la jeune fille têtue Halima qui est très belle, habitant un village d’Afrique. Après avoir refusé l’homme que les parents lui imposèrent, elle rencontre un génie-serpent qui, en réponse à ses plaintes, la transforme en cheval. Jean Pliya avec son ouvrage La fille têtue a su plonger ses lectures dans une série d’événement sans pause, ce qui amène à dire qu’il représente l’un des meilleurs conteurs du continent africain.
Avec l’ouvrage Les tresseurs de corde sorti en 1987, Jean Pliya est qualifié comme étant un romancier.
Dans cet ouvrage, il s’agit d’un fonctionnaire du nom de Trabi accusé d’un complot et contraint à l’exil. Une fois en exil, il se retrouve dans un village où il est confronté aux réalités sociales de ce dernier (le village). Il se remet en question tout en oubliant sa vie de fonctionnaire et prend part activement à la vie rurale de ce village et même en aidant les habitants à déjouer une menace qui pesait sur eux. Jean Pliya illustre bien ici la confrontation entre tradition et modernité, car le roman oppose les valeurs ancestrales du monde rural aux transformations sociales. L’auteur met également en exergue l’importance des femmes dans le développement et la pérennité de la société, l’importance de la solidarité communautaire tout en montrant qu’en un lieu, les liens et les devoirs sont capables d’unir les membres.
Durant sa carrière d’écrivain, Jean Pliya a publié un livre que nous qualifierons spécialement d’histoire. Il s’agit de : Histoire – Dahomey – Afrique occidentale destiné aux élèves de cours moyen en 1970, et Histoire de mon pays : le Bénin après rééditions en 2015, destiné aux élèves de cours élémentaire.
Vu qu’il a été animé et passionné par les vertus de la naturopathie et de la diététique, Jean Pliya est l’auteur de nombreux ouvrages traitant des méthodes naturelles destinées à soigner des maladies qui sont réputées comme étant incurables.
C’est pourquoi à partir de 1974, il s’est adonné à l’écriture de petits guides de la santé naturelle comme par exemple : Comment guérir les maladies digestives (1988), Comment guérir les rhumatismes (1991), etc.
Sur la base des faits énumérés dans cet article, nous pouvons venir à la conclusion selon laquelle Jean Pliya est un homme d’esprit universel. Sa biographie, sa carrière politique et surtout celle en tant qu’écrivain ont été très riches, car l’intérêt pour ses œuvres ne cesse de grandir.
Afin de perpétuer sa mémoire, il existe aujourd’hui un projet de construction du musée Jean Pliya qui est une volonté de sa femme Rose Pliya, de ses enfants et petits-enfants, ainsi que des deux associations Les amis de Jean Pliya (celles du Bénin et de France).
Le projet permettra de créer un lieu de découverte pour toutes générations futures, un lieu d’apprentissage ainsi que de partage de ce que fut le grand écrivain.
Pour terminer, il est important de notifier que Jean Pliya a obtenu plusieurs prix et distinctions à travers le monde entier. Les plus prestigieux sont notamment : La Médaille Vermeil du Mérite (Bénin), le 2ème prix du Concours radiophonique de l’OCORA pour La secrétaire particulière (France), le Prix de la meilleure Nouvelle africaine pour l’Arbre Fétiche (France), Officier des Arts et des Lettres (France) et Chevalier des Arts et des Lettres (France).
Sources utilisées :
1. Adrien Huannou et Ascension Bogniaho. Littérature africaine : 2e-1re-terminale. Éditions INFRE, 1993, 224 p.
2. Site officiel « Vatican News ». // URL: https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2025-05/benin-10-ans-deces-souvenir-jean-pliya-vif.html (date d’accès 17.09.2025)
3. Adrien Huannou, « Deux écrivains béninois : Richard Dogbeh et Jean Pliya ». Recherche, Pédagogie et Culture, no 3, janvier-février 1978, p. 17-23
4. Jean Pliya. L’arbre fétiche. Éditions CLE, 1971, 90 p.
5. Jean Pliya. Le chimpanzé amoureux. Éditions Saint-Paul, 1977, 95 p.
6. Jean Pliya. Kondo, le requin. Cle Éditions, 1982, 106 p.
7. Audrey Lozes. Le Trône de Béhanzin, un spectacle pour réveiller les mémoires. // URL : https://monwaih.com/le-trone-de-behanzin-amir/ (date d’accès 17.09.2025)
8. Jean Pliya. La secrétaire particulière. Éditions CLE, 1973, 96 p.
9. Jean Pliya. La fille têtue: contes et récits traditionnels du Benin. Nouvelles Éditions Africaines, 1982, 114 p.
10. Jean Pliya. Les tresseurs de corde. HAITIER, 1988, 240 p.
11. Site officiel du musée Jean Pliya. // URL : https://musee-jeanpliya.com/qui-etait-jean-pliya/ (date d’accès 12.09.2025)
12. Adohounde Y.S. La langue française au Bénin : statut, histoire et modernité. // Salut! Ça va? 2024, № 2(74). – pp. 37-41.
La biographie
Jean Pliya est un écrivain africain principalement béninois né le 31 juillet 1931 dans la ville de Djougou au nord du Dahomey.En ce moment le Dahomey qui est l’actuel Bénin était l’une des colonies françaises des États de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi donc la langue française a eu une grande importance dans la vie de l’écrivain.
Après son cursus scolaire à l’école primaire, il obtient son brevet Élémentaire au collège classique et moderne Victor-Ballot dans la capitale dahoméenne Porto-Novo. Étant major de sa promotion, il poursuit ses études secondaires en Côte d’Ivoire puis au Sénégal où il obtient son baccalauréat en 1952 à l’école normale William Ponty de Dakar. Dans l’objectif de poursuivre ses études supérieures, Jean Pliya se rend à Toulouse en France où il obtient sa licence en géographie en 1957 suite à la soutenance de son mémoire dont le thème portait sur le climat des Pyrénées centrales. En 1957 il obtient son DES (Diplôme d’Études Supérieures). La même année le jeune étudiant passe brillamment le CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) ce qui lui permettra de devenir professeur de géographie reconnu par le Ministère français chargé de l’éducation nationale.
De 1957 à 1969 Jean Pliya enseigne l’histoire et la géographie à Cahors dans le sud de la France, puis au Bénin, principalement dans les villes de Porto-Novo et Cotonou, puis finalement au Togo au Centre d’Enseignement Supérieur de Lomé. De 1969 à 1976, il a pu se baser au Bénin où il défend en 1976 sa thèse de doctorat en géographie à l’Université d’Abomey-Calavi. Le thème de ce dernier portait sur la pêche dans le Sud-Ouest du Bénin. Notons qu’au Dahomey (actuel Bénin) dans les années 70 et 80, Jean Pliya a pu gravir les échelons. Ayant commencé en tant qu’assistant, il devient rapidement maître-assistant et ensuite vice-doyen de la faculté des lettres et sciences humaines à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Les qualités et la compétence de l’homme ont été remarquées, ce qui a eu comme résultat la nomination au poste de recteur de l’Université nationale du Bénin de 1981 à 1983. Jean Pliya termine sa carrière de professeur en 1991 au Niger où il enseigne la géographie tropicale et économique à l’Université de Niamey.
Outre sa carrière professionnelle, notons que l’homme a consacré une bonne partie de sa vie à la religion puisqu’il fut un chrétien catholique fervent.
Marié et père de sept enfants, ses chants religieux composés par lui-même ne cessent de résonner dans les églises catholiques non seulement de la sous-région ouest africaine mais aussi dans les autres régions du continent africain. Il fut également l’un des bergers fondateurs du renouveau charismatique (au Bénin) qui est un mouvement apparu aux États-Unis dans les années 60 encourageant une expérience plus personnelle de la foi et qui s’est étendu à travers diverses confessions chrétiennes dont le protestantisme et le catholicisme. À part ses ouvrages vers lesquels nous allons revenir plus tard dans cette recherche, Jean Pliya a également écrit des œuvres théâtrales qui sont jouées dans toute l’Afrique. Ses enseignements spirituels sont une source d’inspiration pour de nombreux chrétiens à travers tout le monde.
Jean Pliya rendit l’âme en mai 2015 dans sa 84ème année. Son décès a été un coup dur non seulement pour sa famille, mais aussi pour ses milliers de fans à travers le monde entier. Ses œuvres ont fait de lui un homme unique car comme l’indiquera cette recherche, il fut à la fois nouvelliste, conteur, romancier, essayiste, dramaturge, naturothérapeute, prédicateur, historien, professeur de géographie.
Une carrière politique courte
À la veille des indépendances de 1960, Jean Pliya ressent depuis la France le besoin de rentrer dans son pays natal, afin de mettre son savoir intellectuel au service de cette nouvelle nation qui se créait (le Dahomey). Il prend part activement à la vie politique du pays en devenant le cofondateur du parti « Mouvement de Libération nationale » et en occupant le poste de premier secrétaire général. De 1960 à 1963, il devient le directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale. C’est sa première nomination à un haut poste de responsabilité au sein du nouveau gouvernement. En 1963 il devient pour la première fois Ministre de l’information et du tourisme, mais cela n’a pas duré longtemps à cause de l’instabilité politique ayant pour conséquence la répétition des coups d’État au sein du pays. Ainsi donc de 1964 à 1967 Jean Pliya fut député et ensuite premier secrétaire de l’Assemblée Nationale du Dahomey.Étant consultant de 1976 à 1980 au Ministère du développement rural et de la coopération, l’apport de Jean Pliya a été d’une grande importance pour l’évolution et la stabilité des travaux dudit Ministère. Il fut également de 1979 à 1981 membre de la Commission de réflexion sur le développement de l’éducation de l’UNESCO. Ensuite de 1980 à 1983, il devient titulaire du Comité permanent de l’institut pour l’éducation de l’UNESCO.
La carrière politique de Jean Pliya n’a peut-être pas été la plus enrichissante mais elle a le mérite d’être considérée comme l’une des étapes importantes qui a contribué au développement personnel de l’homme.
Les ouvrages
Les ouvrages de Jean Pliya ont été les œuvres les plus remarquables quand nous faisons allusion à toute sa carrière. Jean Pliya, à part le fait d’être professeur d’Université, homme politique, membre fondateur du Renouveau charismatique (comme cela a été énuméré précédemment dans cette recherche), est aussi un écrivain. Il représente une personnalité de premier plan dans le monde des lettres africaines, car ses ouvrages ont marqué beaucoup d’auteurs africains, et aujourd’hui ne cessent d’inspirer de nouvelles générations, pour qui il demeure un modèle.Son écriture est d’ordre néo-classique et généralement aborde des thèmes comme : la dérive de l’administration, les désillusions de la Révolution, la société béninoise qui est en pleine transformation, les conflits entre tradition et modernité, etc.
Dans la partie biographie de cette recherche, Jean Pliya a été qualifié de : nouvelliste, conteur, romancier, essayiste, dramaturge, naturothérapeute, prédicateur, historien, professeur de géographie. Ainsi donc dans la suite de cet article, nous allons citer quelques ouvrages qui corroborent la thèse selon laquelle Jean Pliya mérite les qualifications qui lui ont été attribuées. Nous allons nous focaliser sur les qualifications suivantes : nouvelliste, dramaturge, conteur, romancier, historien et naturothérapeute.
Jean Pliya avec ses ouvrages L’arbre fétiche et Le chimpanzé amoureux sortis respectivement en 1963 et 1977, nous amène à le qualifier de nouvelliste. L’arbre fétiche est un ouvrage qui explore l’imaginaire et les réalités béninoises tout en combinant la modernité et les traditions ancestrales.
Dans ce dernier, l’arbre est représenté comme une force vitale et cosmique ayant trait à la spiritualité, l’écologie, le dualisme entre le passé le présent, ainsi que les défis du développement post-colonial.
Le chimpanzé amoureux est par contre un livre qui parle d’une histoire de fiction dont l’intrigue est propre à l’auteur. Ces ouvrages sont tous deux aussi intéressants, car leur apparition a apporté un coup de pouce et d’inspiration à la littérature africaine et surtout béninoise.
En qualité de dramaturge, Jean Pliya a écrit : Kondo le requin et La secrétaire particulière respectivement sortis en 1967 et 1973. Kondo le requin est un ouvrage spécialement dédié à la ville d’Abomey (la capitale historique du Bénin), principalement à son roi Béhanzin (communément appelé Gbéhanzin).
Kondo le requin relate la fresque histoire de la résistance anticoloniale par le roi Béhanzin ainsi que son exil tragique après la défaite face à l’armée française, une défaite qui a été conditionnée par la trahison de son propre frère. D’ailleurs une pièce théâtrale du nom de Le trône de Béhanzin illustrant bien les éléments cités dans le livre est réalisée et conduite aujourd’hui par l’ex-rappeur béninois Amir Alli avec la participation de l’artiste national béninois Don Métok. Cela démontre encore une fois que malgré l’ancienneté des œuvres de l’écrivain Jean Pliya, la jeunesse continue toujours de s’inspirer de ces dernières.
La secrétaire particulière est un ouvrage très populaire de Jean Pliya qui a été mis au programme pour les études de cours secondaires au Bénin. Dans cet ouvrage l’auteur dénonce l’incompétence des fonctionnaires africains ainsi la corruption qui représente un obstacle pour le développement des États. Il s’agit de l’histoire de Monsieur Chadas qui est un patron très véreux et qui a pour réputation d’abuser de son pouvoir tout en ayant une grande influence sur ses deux secrétaires. Il s’agit d’une part de la secrétaire Nathalie, incompétente mais très séductrice et de la secrétaire Virginie, très consciencieuse et qui n’a pas l’ambition de céder à la corruption.
Dans cet ouvrage Jean Pliya lance un cri d’indignation directement lié aux injustices sociales et au manque de considération des masses rurales. L’ouvrage est un succès et représente un appel à un changement réel dans la société.
Jean Pliya est qualifié de conteur, car son ouvrage La fille têtue sorti en 1982 illustre bien un recueil de contes traditionnel du Bénin. Cet ouvrage parle de l’enfant insoumise, comprise par ses parents malgré sa désobéissance.
L’histoire est comparable à celle de la jeune fille têtue Halima qui est très belle, habitant un village d’Afrique. Après avoir refusé l’homme que les parents lui imposèrent, elle rencontre un génie-serpent qui, en réponse à ses plaintes, la transforme en cheval. Jean Pliya avec son ouvrage La fille têtue a su plonger ses lectures dans une série d’événement sans pause, ce qui amène à dire qu’il représente l’un des meilleurs conteurs du continent africain.
Avec l’ouvrage Les tresseurs de corde sorti en 1987, Jean Pliya est qualifié comme étant un romancier.
Dans cet ouvrage, il s’agit d’un fonctionnaire du nom de Trabi accusé d’un complot et contraint à l’exil. Une fois en exil, il se retrouve dans un village où il est confronté aux réalités sociales de ce dernier (le village). Il se remet en question tout en oubliant sa vie de fonctionnaire et prend part activement à la vie rurale de ce village et même en aidant les habitants à déjouer une menace qui pesait sur eux. Jean Pliya illustre bien ici la confrontation entre tradition et modernité, car le roman oppose les valeurs ancestrales du monde rural aux transformations sociales. L’auteur met également en exergue l’importance des femmes dans le développement et la pérennité de la société, l’importance de la solidarité communautaire tout en montrant qu’en un lieu, les liens et les devoirs sont capables d’unir les membres.
Durant sa carrière d’écrivain, Jean Pliya a publié un livre que nous qualifierons spécialement d’histoire. Il s’agit de : Histoire – Dahomey – Afrique occidentale destiné aux élèves de cours moyen en 1970, et Histoire de mon pays : le Bénin après rééditions en 2015, destiné aux élèves de cours élémentaire.
Vu qu’il a été animé et passionné par les vertus de la naturopathie et de la diététique, Jean Pliya est l’auteur de nombreux ouvrages traitant des méthodes naturelles destinées à soigner des maladies qui sont réputées comme étant incurables.
C’est pourquoi à partir de 1974, il s’est adonné à l’écriture de petits guides de la santé naturelle comme par exemple : Comment guérir les maladies digestives (1988), Comment guérir les rhumatismes (1991), etc.
Sur la base des faits énumérés dans cet article, nous pouvons venir à la conclusion selon laquelle Jean Pliya est un homme d’esprit universel. Sa biographie, sa carrière politique et surtout celle en tant qu’écrivain ont été très riches, car l’intérêt pour ses œuvres ne cesse de grandir.
Afin de perpétuer sa mémoire, il existe aujourd’hui un projet de construction du musée Jean Pliya qui est une volonté de sa femme Rose Pliya, de ses enfants et petits-enfants, ainsi que des deux associations Les amis de Jean Pliya (celles du Bénin et de France).
Le projet permettra de créer un lieu de découverte pour toutes générations futures, un lieu d’apprentissage ainsi que de partage de ce que fut le grand écrivain.
Pour terminer, il est important de notifier que Jean Pliya a obtenu plusieurs prix et distinctions à travers le monde entier. Les plus prestigieux sont notamment : La Médaille Vermeil du Mérite (Bénin), le 2ème prix du Concours radiophonique de l’OCORA pour La secrétaire particulière (France), le Prix de la meilleure Nouvelle africaine pour l’Arbre Fétiche (France), Officier des Arts et des Lettres (France) et Chevalier des Arts et des Lettres (France).
Sources utilisées :
1. Adrien Huannou et Ascension Bogniaho. Littérature africaine : 2e-1re-terminale. Éditions INFRE, 1993, 224 p.
2. Site officiel « Vatican News ». // URL: https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2025-05/benin-10-ans-deces-souvenir-jean-pliya-vif.html (date d’accès 17.09.2025)
3. Adrien Huannou, « Deux écrivains béninois : Richard Dogbeh et Jean Pliya ». Recherche, Pédagogie et Culture, no 3, janvier-février 1978, p. 17-23
4. Jean Pliya. L’arbre fétiche. Éditions CLE, 1971, 90 p.
5. Jean Pliya. Le chimpanzé amoureux. Éditions Saint-Paul, 1977, 95 p.
6. Jean Pliya. Kondo, le requin. Cle Éditions, 1982, 106 p.
7. Audrey Lozes. Le Trône de Béhanzin, un spectacle pour réveiller les mémoires. // URL : https://monwaih.com/le-trone-de-behanzin-amir/ (date d’accès 17.09.2025)
8. Jean Pliya. La secrétaire particulière. Éditions CLE, 1973, 96 p.
9. Jean Pliya. La fille têtue: contes et récits traditionnels du Benin. Nouvelles Éditions Africaines, 1982, 114 p.
10. Jean Pliya. Les tresseurs de corde. HAITIER, 1988, 240 p.
11. Site officiel du musée Jean Pliya. // URL : https://musee-jeanpliya.com/qui-etait-jean-pliya/ (date d’accès 12.09.2025)
12. Adohounde Y.S. La langue française au Bénin : statut, histoire et modernité. // Salut! Ça va? 2024, № 2(74). – pp. 37-41.
Adohounde Yaovi Sylvestre
Docteur en sciences politiques
Enseignant chercheur,
Professeur de français à l’Université russe de l’Amitié des Peuples
Moscou (Russie)
Docteur en sciences politiques
Enseignant chercheur,
Professeur de français à l’Université russe de l’Amitié des Peuples
Moscou (Russie)