Michel Boiron, Expertise, Conseil et Formation, Français langue étrangère Vichy en France En juillet 2025, plus de 900 professeurs de français se sont retrouvés à Besançon pour participer au congrès mondial de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF). Les professeurs de français dans le monde ont un point commun : ils sont passionnés et adorent le français. Alors, lorsqu’ils se retrouvent dans le même lieu et qu’ils viennent de presque 100 pays différents, quels que soient leurs convictions religieuses ou politiques, leur couleur de peau et l’âge de leurs élèves, ils échangent des idées et parlent de leur expérience d’enseignants avec enthousiasme. Les enjeux de l’enseignement du français sont nombreux : l’attractivité de la langue, la place des langues dans les cursus scolaires, les innovations pédagogiques et les bouleversements à venir liés aux intelligences artificielles, sans oublier les aspects pratiques : la formation et les conditions de travail des professeurs. Tous ces sujets ont été abordés dans les plus de 400 conférences et ateliers proposés pendant les 8 jours du congrès, sans oublier les moments de convivialité : moments festifs, rencontres d’écrivains et discussions informelles autour d’un verre. À l’heure où les outils numériques prennent de plus en plus de place dans la vie quotidienne et où les turbulences internationales créent un climat de forte inquiétude chez beaucoup d’individus, une telle rencontre de professeurs venus du monde entier, réunis par une langue et un métier, échangeant avec engouement et bonne humeur, est un formidable message positif.
Oui, le français est une langue d’ouverture, d’échange et de partage.
Elena Konovalova, École Primakov, Moscou en Russie Pour ma première participation en tant qu’intervenante à ce rassemblement international, cette expérience a été riche en rencontres, en échanges et en émotions. Dès mon arrivée, j’ai été frappée par l’accueil chaleureux de la ville et de ses habitants. Besançon, avec son riche patrimoine historique et sa beauté naturelle, a offert un cadre magnifique pour cet événement. Les organisateurs ont su créer une atmosphère conviviale, propice aux échanges et aux rencontres. Le congrès a rassemblé des professeurs de 107 pays, chacun apportant sa propre culture et ses expériences. C’était fascinant de voir comment la langue française, symbole de partage et de diversité, unit des personnes aux parcours si variés. J’ai eu l’occasion de nouer des amitiés durables avec des collègues venus d’horizons différents, ce qui a enrichi mes perspectives pédagogiques et culturelles. Les communications, les ateliers, les tables-rondes étaient à la fois inspirantes et motivantes. Nous avons abordé des thèmes variés, allant des nouvelles méthodes d’enseignement aux défis contemporains de l’enseignement du français. Les échanges d’idées et les discussions animées ont ouvert de nouvelles pistes de réflexion, et j’ai quitté le congrès avec une multitude de ressources et d’outils à intégrer dans ma pratique. L’ambiance du congrès était tout simplement magique. Entre les conférences, les ateliers et les moments de convivialité, chaque instant était une occasion de partager, d’apprendre et de célébrer notre passion commune pour la langue française. Les soirées organisées ont permis de découvrir la gastronomie locale et de renforcer les liens entre participants, rendant cette expérience encore plus mémorable. Ce Congrès Mondial des Professeurs de Français à Besançon a été un véritable succès. Il a non seulement permis de mettre en lumière l’importance de notre rôle en tant qu’enseignants, mais il a également créé un espace de rencontre et d’échanges enrichissants. Je suis revenue chez moi avec des souvenirs inoubliables et une motivation renouvelée pour continuer à enseigner et à promouvoir la langue française à travers le monde. J’ai hâte de retrouver mes nouveaux amis lors de futurs congrès et de continuer à partager notre passion commune – la langue française.
Boanerges Kabengele, école Calvin M. Rodwell Baltimore aux États-Unis Pour moi les points forts du Congrès ont étédes ateliers divers, tels que : « Ressources pédagogiques pour l’enseignement bilingue/plurilingue », « Bibliothèque idéale des professeurs de français » : une sélection d’ouvrages recommandés, avec résumés et liens d’accès quand disponibles, pour les enseignants de FLE, un atelier conjoint FIPF–FEI qui a présenté des méthodes exploitant des vidéos authentiques dans divers domaines (sciences, histoire, sport, etc.). J’ai beaucoup apprécié les interventions venues d’Asie-Pacifique : exposés scientifiques, ateliers traitant de l’interculturel, du numérique, de l’écriture, etc., par exemple l’Université Sorbonne Abu Dhabi (EAU) a présenté plusieurs communications. Je crois que je pourrais réaliser dans mon travail des expériences partagées par les collègues portant sur les compétences numériques des enseignants et apprenants, pour mieux répondre aux défis contemporains (enseignements en ligne, hybrides, multimédias), sur le plurilinguisme dès l’école maternelle et dans toutes les disciplines, pour intégrer la diversité linguistique dans les curriculums ; sur la reconnaissance de la diversité culturelle comme atout pédagogique, non seulement comme décor, mais comme élément central de la formation des enseignants ; la mise à disposition de ressources gratuites/accessibles, comme la Bibliothèque idéale, modules d’autoformation via la plateforme FEI+ pour les professeurs.
Geneviève Lemoine, Collège de Maisonneuve Montréal au Canada En juillet dernier, j’ai eu la chance incroyable de pouvoir participer au Congrès mondial de la FIPF, aux côtés de ma collègue, tante et amie, Suzanne Richard, professeure à l’Université de Montréal. Cette expérience s’est tout d’abord révélée un véritable laboratoire d’apprentissage : j’ai pu me familiariser avec les recherches, les expérimentations et les projets de collègues provenant de partout dans le monde. Mais encore, ce congrès a été le lieu de rencontres inoubliables avec des gens qui, comme moi, partagent leur passion pour le français aux quatre coins de la planète. Des conversations commencées sur le terrain se sont poursuivies sur les réseaux sociaux avec des professeurs de Russie, de France, de Belgique, du Nigéria et de l’Inde ; cette dernière s’est même concrétisée à Montréal, où la professeure Shreya Goyal est maintenant installée. Et encore davantage, le Congrès de la FIPF m’a permis de créer des ponts internationaux entre mes élèves et ceux de la Russie et de la Chine, à travers un projet de correspondance imaginé par Olga Kukharenko et qui se développera dans mes classes, cet automne, en parallèle de l’étude du roman Les lettres chinoises de Ying Chen. Jamais je n’aurais imaginé que ce congrès m’amènerait à dépasser les murs de l’Université de Besançon : c’est avec beaucoup de fierté et de reconnaissance que je vois maintenant l’impact de ces conférences et communications ainsi que de toutes ces rencontres mémorables sur mon enseignement et sur la transmission de mon amour du français.
Khadija Daoudi, École supérieure de l’éducation et de la formation Agadir au Maroc Participer au Congrès mondial à Besançon a été pour moi une expérience unique et enrichissante, à bien des niveaux. Ce fut d’abord une belle aventure humaine. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes passionnantes et inspirantes, venues des quatre coins du monde — notamment Olga de Russie, Boanerges des États-Unis, ainsi que plusieurs collègues d’Algérie. Des échanges brefs parfois, mais marquants, qui laissent des traces. Même si je me suis souvent retrouvée seule, sans véritable occasion de créer des liens plus profonds ou d’engager des discussions scientifiques prolongées, cette solitude a été, paradoxalement, un terrain fertile pour la réflexion personnelle. J’ai appris à me faire confiance, à gérer un voyage seul, à l’étranger, hors de mes repères habituels. C’est une étape importante pour moi, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Sur le plan scientifique, ma présentation s’est très bien déroulée. J’ai eu l’opportunité de partager un sujet qui me tient à cœur et qui a suscité de l’intérêt : la synergie entre l’intelligence émotionnelle et l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur marocain. Un thème encore peu exploré, que j’ai eu plaisir à développer dans une approche originale et engagée. Je garde de ce congrès un souvenir fort. J’espère avoir l’occasion de renouveler ce genre d’expérience, avec, pourquoi pas, encore plus d’échanges et de collaborations à venir.
Olga Kukharenko, Université pédagogique d’État de Blagovechtchensk Région Amourskaya en Russie Ce Congrès restera gravé dans mes souvenirs et m’inspirera encore longtemps dans mon travail de professeur de français. C’est surtout les échanges avec les collègues des quatre coins du monde qui sont précieux. C’était si passionnant de se retrouver en pause-café ou en atelier pratique à côté de professeurs du Canada, de Tchéquie, du Cambodge ou du Cap-Vert au Sénégal - se parler, se sourire, se motiver d’œuvrer avec encore plus d’enthousiasme pour la langue française ! Une mosaïque de visages, de silhouettes, de couleurs et de langues qui se mélangeaient. Ceux qui étaient particulièrement remarquables c’étaient les Africains, explosant de couleurs dans leurs tissus vibrants, brocarts dorés, tenues traditionnelles stylées, certains coiffés de turbans, de foulards ou de chapeaux extravagants. Comme à mon habitude, je me disais : « Il faut absolument leur demander une photo ! » Mais il n’y avait pas d’occasion… Le jour de l’assemblée générale des présidents d’associations, les délégués africains attiraient tous les regards. L’une d’elles était particulièrement envoûtante — turban doré, jupe dorée, escarpins dorés à talons, et une silhouette à tomber. Je les observais sans gêne, le cœur léger, souriante et admirative. L’assemblée s’éternisait. Les candidats aux postes de vice-présidents prononçaient leurs discours. Il ne restait plus qu’à attendre les résultats. Voyant l’heure du déjeuner largement dépassée, j’ai décidé de filer à la cantine. Et là, en sortant – eux ! Tous ensemble, comme par magie, en train de rire et de poser devant l’entrée, joyeux, exubérants. Je me suis précipitée vers eux, attirée par leur énergie contagieuse. D’abord, ils n’étaient que trois. Puis d’autres ont afflué, formant un groupe de plus en plus bigarré. Impossible d’aligner tout ce monde pour une photo : personne n’écoutait, ne prenait la pose, tous parlaient dans leur langue. Et une dame a dit joyeusement pour me faire plaisir : « Vive la Russie ! » Ce fut un moment de chaleur pure, de complicité spontanée avec ces gens magnifiques. Une de ces petites joies qui réchauffent le cœur et font briller la vie.