Salut! Ça va?

Mon héros du Régiment Immortel

2025-06
Matveï Antonov

Mon arrière-grand-mère, Klaudia Timofeïevna, a vécu toute sa vie avec le rêve de découvrir le destin de son père, Timofeï Vassilievitch Ermilov, disparu au cours de la guerre. Elle voulait retrouver le lieu de sa mort et se recueillir sur la terre où reposait son corps. Elle parlait souvent de son rêve à ses enfants, puis à ses petits-enfants. J’ai appris le rêve de mon arrière-grand-mère à travers les récits de ma mère, la petite-fille de Klaudia Timofeïevna. Baba Klava est décédée trois ans avant ma naissance, mais depuis mon plus jeune âge, j’ai entendu l’histoire de sa vie. J’avais de la peine pour mon arrière-grand-mère, car elle avait perdu, dans son enfance, la personne qui lui était la plus chère et, jusqu’à la fin de sa vie, elle n’a jamais su ce qu’elle était devenue.

L’été dernier, ma famille et moi avons décidé de nous rendre à Volgograd pour visiter la colline de Mamaïev, où se sont déroulées des batailles cruciales pendant la Grande Guerre patriotique, et pour essayer de trouver des informations sur mon arrière-arrière-grand-père. Le complexe de monuments de la colline de Mamaïev nous a émerveillés par sa grandeur et son atmosphère particulière. Je me souviens particulièrement du monument imposant « La Patrie appelle ! », visible de tous les coins de Volgograd. Lorsque nous sommes montés tout en haut et avons pénétré dans la Salle de la Gloire militaire, où brûle la Flamme éternelle, j’ai été submergé par des larmes, mêlant tristesse, fierté et émerveillement. Ici, on ressentait particulièrement la tragédie vécue non seulement par notre famille, mais par des millions de Russes. Nous scrutions avec espoir les noms gravés sur les plaques, mais nous n'avons pas trouvé les initiales de mon arrière-arrière-grand-père.

On nous a conseillé de nous adresser au Musée de la bataille de Stalingrad, où se trouve le Livre de la mémoire. Les employés du musée ont aidé à retrouver des informations sur mon arrière-arrière-grand-père. Timofeï Vassilievitch Ermilov est mort le 18 octobre 1942 à Stalingrad. À cette époque, la ville était le théâtre de combats acharnés, nos troupes repoussaient avec vigueur les attaques ennemies. La bataille se déroulait pour chaque maison, pour chaque mètre de terre. Dans cette lutte sans relâche, défendant sa famille et sa terre natale, mon arrière-arrière-grand-père a trouvé la mort…

De retour à Penza, nous avons dispersé une poignée de terre prise sur la colline de Mamaïev sur la tombe de mon arrière-grand-mère, en symbole du retour de notre héros à la maison. Enfin, le rêve de Baba Klava s’est réalisé…
Artem Dorogov

Mon grand-père, Vitali Ivanovitch Dorogov, est né le 1er août 1923 en Bachkirie, près d’Oufa, dans une famille paysanne. Il avait trois sœurs et deux frères. Lorsqu’il avait 7 ans, ses parents sont morts. Après cela, mon grand-père a été confié à un orphelinat.

En 1942, mon grand-père est allé au front en tant que volontaire. Il a servi en tant que chauffeur, faisant le transport d’artillerie avec un camion. Il a combattu près de Stalingrad. Au cours de la guerre, il a été blessé trois fois et a subi des contusions. Pour ses services, il a été décoré de la Médaille pour le courage, de l’Ordre de la Grande Guerre patriotique de IIe classe, et de la Médaille Joukov.

Après la guerre, Vitaly Ivanovitch a travaillé sur de grands chantiers en URSS. Il a contribué à la construction de la centrale hydroélectrique de Bratsk et de celle d’Irkoutsk. Il est arrivé à Penza en 1965 et a travaillé comme mécanicien dans la production de camions.

Je suis très fier de mon grand-père, qui a défendu notre patrie contre les envahisseurs fascistes. Dans notre famille, nous préservons sa mémoire. Mon grand-père est décédé le 15 avril 2008, avant ma naissance. J’admire beaucoup son courage et sa bravoure !
Alena Olhkova

Mon arrière-grand-père, Alexandre Mikhaïlovitch Ledovski, est né le 20 août 1923 dans le village de Savino, dans la région de Tambov. Il a combattu pendant la guerre finlandaise-soviétique, la Grande Guerre patriotique, et est rentré chez lui après la guerre soviétique-japonaise en décembre 1945, qui s’est terminée par la signature de l’acte de capitulation du Japon.

Mon arrière-grand-père a servi en tant qu’artilleur et a reçu de nombreuses récompenses. Dans les années d’après-guerre, il a occupé des postes de direction dans le kolkhoze « Krasny Yar ». Il a élevé trois enfants, six petits-enfants et huit arrière-petits-enfants.

Le mot préféré de mon arrière-grand-père dans la vie était « Il ne faut pas ». Il ne faut pas blesser une personne, il ne faut pas abandonner un ami dans le besoin, il ne faut pas ne pas aider un camarade, il ne faut pas mentir, il ne faut pas voler ! Ainsi, il a vécu en tant qu’un homme bon, honnête et travailleur !
Matveï Voronkov

Mon arrière-arrière-grand-père du côté de ma mère, Andrei Alexeïevitch Vanitchkine, est né en 1911 dans la région de Tambov. Il vivait dans le kolkhoze « au nom de Kirov », dans le village de Pokrovski, dans le district d’Izberdeev. Andrei Alexeïevitch travaillait dans le kolkhoze et était marié à Pelagueïa Stepanovna. Ils ont eu trois enfants : deux filles et un fils. En juillet 1941, lorsque la Grande Guerre patriotique a commencé, Andrei Alexeïevitch a été mobilisé pour servir dans l’armée afin de défendre notre patrie. Lui et deux de ses frères étaient les soldats de l’armée rouge. En octobre 1941, mon arrière-arrière-grand-père a disparu au combat.

C’est la version officielle, confirmée par un rapport du TsAMO. Cependant, selon le mythe familial, Andrei Alexeïevitch aurait été capturé par les fascistes. Et il a écrit à sa femme Pelaguéïa. La lettre n’a été lue qu’une seule fois. Malheureusement, on ne l’a pas gardée. Pelagueïa Stepanovna était analphabète et ne savait pas lire. À l’époque, peu de gens avaient la chance d’aller à l’école. La lettre a été perdue.

Je ressens beaucoup de peine pour mon arrière-arrière-grand-père. J’aimerais croire qu’il a survécu dans un camp de concentration. Je lui dis merci, même s’il ne m’entendra jamais.
Préparé par Tatiana Voronkova
Professeur de français de l’école linguistique №6 à Penza (Russie)