Salut! Ça va?

Pourquoi tant de souffrances?

2025-06
Deux cents jours d’horreur et deux cents nuits aussi ; enfer permanent d’une terrible bataille qui surpassa par son ampleur et la sauvagerie bestiale des agresseurs fascistes tout ce que le monde avait connu de plus abominable jusque là. Pour les défenseurs de la cause juste, ce fut plus qu’une épopée, ce fut un miracle. Miracle dû au courage, à l’abnégation, au sacrifice suprême d’innombrables Héros de l’Armée Rouge grâce auxquels les valeurs humaines sordidement foulées aux pieds par les hordes fascistes ont pu renaître, grâce auxquels le droit a été rétabli, et surtout le plus élémentaire parmi tous les droits, le fondement même de l’humanisme : celui de tous les peuples à vivre.

Trouvera-t-on jamais des mots assez forts pour exprimer la reconnaissance non seulement des Russes mais également de l’Humanité toute entière, elle aussi bénéficiaire de cette victoire qui coûta tant et tant de de sang au peuple soviétique ?

Pourquoi tant de souffrances ? Pourquoi tant de sang répandu ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi la civilisation a-t-elle été si près de sombrer ? Par quels démons les gouvernements, les peuples eux aussi ont-ils pu être à ce point aveuglés ? La Révolution russe de 1917 puis la naissance de l’URSS ont jeté un grand trouble parmi les nations tant par l’espoir qu’elles apportaient aux masses populaires que par la crainte qu’elles suscitaient parmi les classes arcboutées sur leurs privilèges.

C’est donc par opposition à la IIIème Internationale (Komintern) que ces classes dominantes favorisèrent l’apparition de mouvements politiques fondés sur la violence, la négation des valeurs démocratiques et humanistes, axés sur le culte du chef et un ultranationalisme étroit. Dès 1920, ces comportements populistes dirait-on aujourd’hui, germant sur le terreau du désenchantement au lendemain de la grande Guerre, puis de la Grande Dépression économique, ont commencé à s’imposer en Europe. Les actes, les discours, les écrits théoriques ne laissaient planer aucun doute sur le combat à mort qu’Hitler voulait absolument engager contre l’URSS ; cette dernière aurait dû devenir l’alliée toute désignée des démocraties occidentales, mais peut-elle vraiment compter sur la France et le Royaume Uni qui ont lâchement abandonné leur alliée la Tchécoslovaquie à Munich en septembre 1938 ?
Jean BEAUVOIS
Professeur d’histoire (en retraite)
Dijon (France)