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Le légendaire colonel-général Magomed Tankaev, libérateur des prisonniers d’Auschwitz

2025-08-10 13:11 2025-06
«L’histoire du pays des montagnes ne connaît pas de commandant militaire égalant Magomed Tankaïev, en termes de position et de rang, de niveau et de statut. Il occupe véritablement une place individuelle et unique dans la glorieuse liste des chevaliers et des hommes puissants les plus remarquables dans l’histoire du Daghestan».
Gadzhi Gamzatov, académicien de l’Académie des sciences de Russie

La personnalité du général Tankaev est remarquable non seulement en tant que commandant militaire exceptionnel, mais aussi en tant qu’homme qui en 1973, fut nommé à la tête de la direction principale de tous les établissements d’enseignement militaire du Ministère de la Défense de l’URSS, ce qui équivaut au poste de vice-ministre de la Défense. De 1978 à 1988, il dirige un établissement d’enseignement formant des interprètes militaires : l’Institut militaire du Ministère de la Défense de l’URSS.

Il y a des légendes au sujet de ce montagnard du Daghestan, dans les forces armées de l’URSS et même dans les plus hautes instances dirigeantes du pays.

Il a participé à la libération d’Auschwitz. En voici un extrait de l’article « Libérateurs » de I. Degtiarev, ancien chef d’état-major adjoint du 472e régiment : « Le commandant du 460e régiment d’infanterie, le lieutenant-colonel Magomed Tankaïev, a ordonné à la division d’artillerie d’ouvrir le feu sur les chars et l’infanterie ennemis et d’attaquer depuis le front. La contre-attaque des hitlériens est repoussée. La nuit tombe. Les tirs s’arrêtent des deux côtés. À l’aube du 27 janvier, après une courte mais puissante attaque, les régiments du premier échelon passent à l’attaque... À 11 heures, notre 100e division d’infanterie, en coopération avec la 322e division d’infanterie, libère le camp d’Auschwitz. À la fin de la journée, le 460e régiment, sous le commandement du lieutenant-colonel Tankaev, en coopération avec le 472e régiment, libère les prisonniers du camp de Brzezinka (Birkenau)...».

Ce n’est que plus tard, lorsque les années passèrent et que toutes les passions entourant les célèbres événements de 1956 se furent apaisées, que Magomed Tankaev accepta enfin de parler desraisons de son statut légendaire. Lui, alors colonel et commandant adjoint de la division aéroportée, et le commandant de la division furent convoqués d’urgence au Kremlin. La tâche leur est fixée : dans les 24 heures, faire décoller la division avec toutes les armes et l’équipement de combat pour la transporter vers des frontières lointaines à l’extérieur du pays. Le commandant de division a déclaré qu’il ne serait pas en mesure d’exécuter l’ordre en si peu de temps. Nikita Khrouchtchev demanda alors à Tankaev: « Et vous, colonel, en serez-vous capable ? » La réponse fut laconique : « Je le pourrai ». Il connaissait sa division, car il était constamment dans les unités, et il connaissait très bien ses officiers et ses soldats. Alors Nikita Khrouchtchev ordonna : « Commandez, général ! »

Après ces événements, Magomed Tankaev fut envoyé étudier à l’Académie militaire de l’État-major général. Il en sort en 1960, obtenant son diplôme avec mention excellente. De 1961 à 1965, il occupe le poste de premier commandant adjoint des troupes aéroportées. Il est ensuite promu au grade de lieutenant-général. Il occupe ensuite les postes de premier commandant adjoint des districts militaires de Biélorussie et d’Odessa. À cette époque, il apporte une contribution considérable au développement des forces aéroportées, à la formation du personnel et à l’essai des équipements de combat les plus sophistiqués.

En 1968, le lieutenant-général Tankaev se voit confier le commandement du Groupe des forces du Nord en Pologne. C’est ici que s’est révélé le talent du Daghestanais en tant que chef militaire majeur, capable de commander une masse énorme de personnel militaire, d’assurer la combativité de différentes branches des forces armées afin d’unir leurs efforts en un seul organisme fort.

Le ministre de la Défense de l’URSS, le maréchal A. Gretchko, reconnaissant les mérites de Tankaev en Pologne, un an après sa nomination, lui dit : « Je suis très content de vous, commandant ». Ces paroles nous renvoient à la première phrase de la proclamation prononcée par Napoléon le 3 décembre au matin, félicitant ses troupes à l’issue de la bataille d’Austerlitz: « Soldats, je suis content de vous ».

De 1974 à 1978, Tankaev travaille comme représentant du commandant en chef des forces armées unies des États du Pacte de Varsovie dans l’Armée nationale populaire de la RDA (République Démocratique d’Allemagne). Pendant les dix années qui suivent, avant sa retraite en 1988, il a dirigé l’Institut militaire du ministère de la Défense de l’URSS à Moscou.

Magomed Tankaev rendait un grand hommage aux mères, aux sœurs, aux simples travailleuses, aux enseignantes, qui ont grandement contribué à la victoire sur l’Allemagne nazie. Dans ses discours, il évoquait toujours les mérites inestimables des femmes mères, des enseignantes russes qui ont travaillé dans les montagnes du Daghestan, pour apprendre le russe aux enfants daghestanais. C’est grâce au travail héroïque des enseignantes russes que les Daghestanais ont rejoint le trésor des cultures nationales et mondiales. C’est grâce à elles que les Daghestanais ont connu les œuvres de Pouchkine, Lermontov, Tolstoï et d’autres classiques de la littérature russe et mondiale.

La contribution inestimable des enseignantes russes est incarnée dans le monument à une modeste enseignante russe à Makhatchkala. Il a été inauguré le 26 août 2006. Le « Monument à l’enseignante russe » est le nom officieux du monument.

Magomed Tankaev est décédé le 25 avril 1998. Un monument a été érigé dans la rue qui porte son nom à Makhatchkala. La Poste de Russie (« Potchta Rossii ») a émis des enveloppes spéciales avec le portrait du colonel-général Magomed Tankaïev. Son souvenir restera à jamais gravé dans les mémoires.
Ibrahim Abakarov
Enseignant
Université d’État du Daghestan
Makhatchkala (Russie)