L’histoire de la Grande Guerre Patriotique compte de nombreuses pages glorieuses remplies d’héroïsme et d’altruisme. La guerre a touché chaque famille et tous les gens ont contribué au même résultat. Les uns ont quitté leurs foyers pour prendre part à la lutte héroïque pour la libération du pays. Les autres ont forgé la victoire à l'arrière, en faisant d'énormes sacrifices.
L’une de ces pages est consacrée aux défenseurs de Leningrad assiégée. Leur exploit et leurs sacrifices, leur contribution inestimable à la défense de la ville resteront à jamais gravés dans notre mémoire. C’est pourquoi le mois de janvier 2025 a été marqué par plusieurs évènements commémoratifs dédiés à cet évènement historique à travers toute la Russie.
A l’Université d’État de Bouriatie s’est tenue aussi une série de manifestations commémoratives. Ainsi, Altina Сhoïdonova, enseignante de l’université, a organisé et animé une conférence « Les défenseurs bouriates de Leningrad assiégée ». Les sources que l’auteur a utilisées représentaient des ouvrages scientifiques, des manuels, des journaux et du matériel des Archives de la République de Bouriatie [4].
L’enseignante a abordé ce sujet auprès des étudiants des universités, des élèves des écoles secondaires d’Oulan-Oudé. Son intervention a provoqué un vif intérêt de la part du jeune public. Son apparition à la radio Buryadfm (Буряад ФМ, Улан-Удэ/Дүрбэн бэрхэ) le 27 janvier 2025 à l’invitation de l’animatrice Elena Aïuchééva est devenue une sorte de point culminant de ces manifestations pédagogiques.
Avant tout, la journaliste et son invitée ont discuté de l’importance de préserver la mémoire historique sur la Grande Guerre Patriotique. Ensuite, elles ont essayé de reconstituer la vie dans la ville assiégée en s’appuyant sur les biographies des enfants de Leningrad. Enfin, elles se sont souvenues des biographies des soldats-défenseurs de la ville originaires de la Bouriatie [ibid.].
La participation de ces soldats à la résistance a éliminé la possibilité de la capture de la ville. Leur aide à l’organisation des approvisionnements et des évacuations semait l’espoir chez les habitants de la ville.
Altina Choïdonova a partagé un fait intéressant qui concernait la vie et le destin d’un ancien combattant et d’un ancien enseignant de l’Université, Efrem Tarmakhanov. Il a directement participé au forcement du blocus de Leningrad et, en l’honneur de cet événement mémorable, il a reçu la médaille « Pour la défense de Leningrad » [4].
Il est né en 1922 à l’ulus d’Irkhidei à Oust-Orda situé dans la région d’Irkoutsk. Après avoir terminé l’école de sept ans de Bilchir, il poursuivit ses études à la faculté de travailleurs à l’Institut pédagogique de Bouriatie. En février 1942, Efrem, âgé de vingt ans, alla au front, appelé sous les drapeaux de l’Armée rouge. Pendant deux longues années, il resta parmi les défenseurs de Leningrad au sein de la 153-e brigade de fusiliers de la garde [2].
Leningrad était toujours un centre important après Moscou. De plus c’était un port maritime et fluvial, un nœud de chemin de fer. C’était aussi un verrou par rapport à la Baltique, un point stratégique très important dans le cadre de la conquête de l’URSS et de l’espace vital voulue par Hitler, d’après des historiens [1, 6].
Lorsque la guerre éclata, la ville observa la loi martiale. Dès l’apparition des troupes allemandes le 10 juin 1941, la résistance héroïque eut lieu. Donc, l’arrondissement militaire de Leningrad fut transformé en Front du Nord et la lutte dura jusqu’au 9 août 1944 [ibid.].
C’est difficile de concevoir mais il y avait des bombardements particulièrement intenses dès les premières semaines du siège. Les obus ne cessaient de pleuvoir sur la ville ; ils étaient également extrêmement violents pendant les étés 1942 et 1943. Les Allemands n’hésitaient pas à larguer des milliers de tracts annonçant la défaite à la population ayant pour but une offensive psychologique [1].
Voici ce que Efrem Tarmakhanov marque lui-même dans son article : « J’écris cet article en tant que participant à la défense et à la percée du blocus de Leningrad, traversant le lac Ladoga à deux reprises ; j’ai combattu dans la 123-e brigade spéciale de fusiliers, qui est devenue plus tard la brigade de la garde, à l’intérieur du siège. […] Cette brigade a, dans une certaine mesure, freiné l’offensive du groupe allemand situé à la station Mga, près de Leningrad. [...] Pour Hitler, la prise de Leningrad était le premier des principaux objectifs stratégiques, qui était presque atteint, car le commandant du groupe d'armées « Nord » était Von Leeb, considéré comme l’un des commandants les plus compétents de l’armée allemande » [6, p. 4].
Le siège était « une catastrophe humanitaire sans précédent ». Efrem Tarmakhanov témoigne : « Des avions ont apporté de la nourriture à Leningrad, mais il y en avait très peu. Les gens ont commencé à manger les chiens et les chats qu’ils trouvaient. Il faisait froid dans les appartements, la température ne dépassait pas dix degrés. L’eau froide ne coulait pas toujours des robinets, sans parler de l’eau chaude. L’électricité se coupait constamment à cause de fréquents bombardements et des tirs d’artillerie. Moi aussi, j’ai connu ces conditions de vie dures dans une certaine mesure. Du 30 janvier au début du mois de mars 1943, je me trouvais à l’hôpital rue Borodine, 15, à Leningrad, avec une blessure grave ; j’entendais et voyais par la fenêtre de fréquentes explosions de bombes et d’obus d’artillerie. Mon lit se trouvait en face d’une grande fenêtre. J’étais allongé et je m’effrayais qu’un obus ne puisse atteindre la fenêtre. La nourriture était modeste, nous recevions 400 grammes de pain par jour, des soupes pas grasses, parfois un deuxième repas ; les blessés ne mouraient pas de faim, ils mouraient de blessures de guerre » [ibid., p. 5].
En lisant les mémoires, les mots défilent devant les yeux. Cependant certains d’entre eux provoquent des émotions particulières. Ce sont « couloir terrestre », « lien avec le pays », « Route de la Vie », « forcer le blocus ». Ainsi, la route de la vie est un terme très familier à nos oreilles. Mais qu'est-ce qu’il désigne en réalité ? Il s’agit d’un couloir de huit à onze kilomètres de large fait le long de la côte [6]. C’est ce couloir-là qui a rétabli le lien terrestre de Leningrad avec le pays. C’est ce couloir-là que les habitants de Leningrad appelaient la Route de la Vie.
Qui et comment a-t-on réussi à préparer la voie ? Il avait été fait par les troupes des fronts de Leningrad et de Volkhov lors de l’opération dite Iskra. C’est cette opération qui avait pour but de forcer et de lever le blocus de Leningrad. Le 12 janvier 1943, les armées de deux fronts sont passés à l’offensive et, à la fin de la journée, elles ont avancé de 3 km l’une vers l’autre. Le même jour, Chlisselbourg a été libérée et toute la côte sud du lac Ladoga a été débarrassée de l’ennemi.
Le 27 janvier 1944, les Allemands furent définitivement repoussés. Le blocus fut levé [6]. Finalement, la nourriture, les médicaments et les munitions arrivèrent à Leningrad, même si le problème n’était pas complètement résolu. « Ainsi, la Route de la Vie était la route vers la victoire, la route pour sauver la capitale du nord de l’Union soviétique des fascistes », écrit l’auteur [6, p. 6], parce que « toutes les républiques soviétiques et les républiques autonomes, en particulier les régions et territoires sibériens, ont aidé Leningrad pendant le siège. La défense de Leningrad a acquis un caractère national » poursuit Efrem Tarmakhanov [ibid., p.5].
Selon notre héros, la brigade spéciale d'infanterie 123 a participé activement aux batailles pour l’ouverture de la « Route de la vie », dans lesquelles se battaient de nombreux représentants de la Bouriatie. Efrem Tarmakhanov y servait comme commandant du département des mitrailleuses avec le grade de sergent-chef. Le peloton était international. Les Russes, les Bouriates, les Tatars, les Ouzbeks et les Kazakhs se battaient côte-à-côte. Le commandant du peloton était le lieutenant russe Vassiliev de Barnaul. « Il me distinguait surtout en me considérant comme un compatriote. Le lieutenant était strict, mais en même temps très attentif à ses soldats », se souvient Efrem Tarmakhanov [6, p.6].
L’exploit des combattants ainsi que des habitants a également constitué une leçon importante pour les générations à venir. Le moral consiste en ce que même dans les conditions les plus dures, on peut faire preuve d’héroïsme et manifester de l’humanité.
En août 1944, grièvement blessé, Efrem fut démobilisé. Il subit trois graves opérations dans les hôpitaux de Vologda et d’Oussolie, puis passa sept ans avec des béquilles... [3]. Cependant cette circonstance ne devint pas un obstacle pour s’engager dans la vie personnelle et professionnelle pleine d’autres évènements et expériences. En 1944, il entra à l’Institut pédagogique de Bouriatie et, un an plus tard, il fut déjà admis au département d’histoire à l’Université de Leningrad, dont il fut un diplômé en 1950 [3].
En 1953 après avoir soutenu avec succès sa thèse à la même Université il obtint le grade universitaire de candidat en sciences historiques. Ensuite arriva l’invitation de travailler dans le département d'histoire à l’Institut pédagogique de Bouriatie (aujourd’hui l’Université d’État de Bouriatie) [2].
Il combinait impeccablement ses activités pédagogiques avec ses recherches scientifiques. Grâce à sa participation active, des centaines de professeurs d’histoire formés à Oulan-Oudé travaillaient désormais dans tous les coins en Bouriatie, dans les régions d’Irkoutsk et de Tchita. En 1970, la Commission supérieure d’attestation lui décerna le titre de professeur agrégé [ibid.].
Cependant je ne voulais pas utiliser seulement des chiffres et des faits en style CV. Comme affirment les auteurs de l’article [5]: « Derrière les phrases sèches de la biographie se cachait un homme très noble, extrêmement décent, bienveillant et empathique ».
Efrem Tarmakhanov se distinguait toujours par son attitude respectueuse envers les gens. Il ne se permettait jamais de faire preuve de mépris, d’arrogance envers qui que ce soit. Prêt à aider à tout moment, sincèrement soucieux de chacun, il était toujours entouré d’amis, de proches et d’étudiants. Les gens venaient chez lui pour demander conseil, partager leurs hauts et leurs bas, chercher du réconfort [ibid.].
« La contribution d’E. E. Tarmakhanov au développement de l’enseignement de l’histoire scolaire est significative. On peut dire sans exagération qu’il était « connu par des adultes et des enfants ». Donc, il a activement participé à la rédaction de manuels, du matériel pédagogique sur l’histoire de la Bouriatie et l’histoire de sa petite patrie, Oust-Orda. « Grâce à ces livres, les enfants ont étudié l’histoire de leur région natale, se remplissant ainsi d’amour et de fierté pour leur patrie » [ibid.].
Le nom de Tarmakhanov restera pour toujours dans le cœur de ses collègues reconnaissants, ses nombreux élèves ainsi que de ses descendants.
Sources utilisées
1.Абвер против Ленинграда: как Германия вела агитационную пропаганду в осажденном городе? // Дзен: платформа для создания и просмотра контента. URL: https: Абвер против Ленинграда: как Германия вела агитационную пропаганду в дни обороны города? | МИР 24 | Дзен
2.Галерея ученых: Тармаханов Ефрем Егорович // Галерея ученых. URL: http: Галерея ученых БГУ
3.К 100-летию известного ученого, талантливого педагога, солдата, основателя научной школы и династии // URL: http: К 100-летию известного учёного, талантливого педагога, солдата, основателя научной школы и династии — КОММУНИСТИЧЕСКАЯ ПАРТИЯ РОССИЙСКОЙ ФЕДЕРАЦИИ
4.К 81-й годовщине полного освобождения Ленинграда от фашистской блокады [сайт] // URL: https://vk.com/wall-76275_72447 (дата обращения: 06.03.2025).
5.Слово об учителе // Слово об Учителе. URL: http: // www.https: Слово об Учителе
6.Тармаханов Е.Е. Битва за Ленинград и Дорога жизни в 1941-1944 гг. // Вестник Бурятского госуниверситета., г. Улан-Удэ: Изд-во: БГУ, 2010. № 7. С.3-6.
L’une de ces pages est consacrée aux défenseurs de Leningrad assiégée. Leur exploit et leurs sacrifices, leur contribution inestimable à la défense de la ville resteront à jamais gravés dans notre mémoire. C’est pourquoi le mois de janvier 2025 a été marqué par plusieurs évènements commémoratifs dédiés à cet évènement historique à travers toute la Russie.
A l’Université d’État de Bouriatie s’est tenue aussi une série de manifestations commémoratives. Ainsi, Altina Сhoïdonova, enseignante de l’université, a organisé et animé une conférence « Les défenseurs bouriates de Leningrad assiégée ». Les sources que l’auteur a utilisées représentaient des ouvrages scientifiques, des manuels, des journaux et du matériel des Archives de la République de Bouriatie [4].
L’enseignante a abordé ce sujet auprès des étudiants des universités, des élèves des écoles secondaires d’Oulan-Oudé. Son intervention a provoqué un vif intérêt de la part du jeune public. Son apparition à la radio Buryadfm (Буряад ФМ, Улан-Удэ/Дүрбэн бэрхэ) le 27 janvier 2025 à l’invitation de l’animatrice Elena Aïuchééva est devenue une sorte de point culminant de ces manifestations pédagogiques.
Avant tout, la journaliste et son invitée ont discuté de l’importance de préserver la mémoire historique sur la Grande Guerre Patriotique. Ensuite, elles ont essayé de reconstituer la vie dans la ville assiégée en s’appuyant sur les biographies des enfants de Leningrad. Enfin, elles se sont souvenues des biographies des soldats-défenseurs de la ville originaires de la Bouriatie [ibid.].
La participation de ces soldats à la résistance a éliminé la possibilité de la capture de la ville. Leur aide à l’organisation des approvisionnements et des évacuations semait l’espoir chez les habitants de la ville.
Altina Choïdonova a partagé un fait intéressant qui concernait la vie et le destin d’un ancien combattant et d’un ancien enseignant de l’Université, Efrem Tarmakhanov. Il a directement participé au forcement du blocus de Leningrad et, en l’honneur de cet événement mémorable, il a reçu la médaille « Pour la défense de Leningrad » [4].
Il est né en 1922 à l’ulus d’Irkhidei à Oust-Orda situé dans la région d’Irkoutsk. Après avoir terminé l’école de sept ans de Bilchir, il poursuivit ses études à la faculté de travailleurs à l’Institut pédagogique de Bouriatie. En février 1942, Efrem, âgé de vingt ans, alla au front, appelé sous les drapeaux de l’Armée rouge. Pendant deux longues années, il resta parmi les défenseurs de Leningrad au sein de la 153-e brigade de fusiliers de la garde [2].
Leningrad était toujours un centre important après Moscou. De plus c’était un port maritime et fluvial, un nœud de chemin de fer. C’était aussi un verrou par rapport à la Baltique, un point stratégique très important dans le cadre de la conquête de l’URSS et de l’espace vital voulue par Hitler, d’après des historiens [1, 6].
Lorsque la guerre éclata, la ville observa la loi martiale. Dès l’apparition des troupes allemandes le 10 juin 1941, la résistance héroïque eut lieu. Donc, l’arrondissement militaire de Leningrad fut transformé en Front du Nord et la lutte dura jusqu’au 9 août 1944 [ibid.].
C’est difficile de concevoir mais il y avait des bombardements particulièrement intenses dès les premières semaines du siège. Les obus ne cessaient de pleuvoir sur la ville ; ils étaient également extrêmement violents pendant les étés 1942 et 1943. Les Allemands n’hésitaient pas à larguer des milliers de tracts annonçant la défaite à la population ayant pour but une offensive psychologique [1].
Voici ce que Efrem Tarmakhanov marque lui-même dans son article : « J’écris cet article en tant que participant à la défense et à la percée du blocus de Leningrad, traversant le lac Ladoga à deux reprises ; j’ai combattu dans la 123-e brigade spéciale de fusiliers, qui est devenue plus tard la brigade de la garde, à l’intérieur du siège. […] Cette brigade a, dans une certaine mesure, freiné l’offensive du groupe allemand situé à la station Mga, près de Leningrad. [...] Pour Hitler, la prise de Leningrad était le premier des principaux objectifs stratégiques, qui était presque atteint, car le commandant du groupe d'armées « Nord » était Von Leeb, considéré comme l’un des commandants les plus compétents de l’armée allemande » [6, p. 4].
Le siège était « une catastrophe humanitaire sans précédent ». Efrem Tarmakhanov témoigne : « Des avions ont apporté de la nourriture à Leningrad, mais il y en avait très peu. Les gens ont commencé à manger les chiens et les chats qu’ils trouvaient. Il faisait froid dans les appartements, la température ne dépassait pas dix degrés. L’eau froide ne coulait pas toujours des robinets, sans parler de l’eau chaude. L’électricité se coupait constamment à cause de fréquents bombardements et des tirs d’artillerie. Moi aussi, j’ai connu ces conditions de vie dures dans une certaine mesure. Du 30 janvier au début du mois de mars 1943, je me trouvais à l’hôpital rue Borodine, 15, à Leningrad, avec une blessure grave ; j’entendais et voyais par la fenêtre de fréquentes explosions de bombes et d’obus d’artillerie. Mon lit se trouvait en face d’une grande fenêtre. J’étais allongé et je m’effrayais qu’un obus ne puisse atteindre la fenêtre. La nourriture était modeste, nous recevions 400 grammes de pain par jour, des soupes pas grasses, parfois un deuxième repas ; les blessés ne mouraient pas de faim, ils mouraient de blessures de guerre » [ibid., p. 5].
En lisant les mémoires, les mots défilent devant les yeux. Cependant certains d’entre eux provoquent des émotions particulières. Ce sont « couloir terrestre », « lien avec le pays », « Route de la Vie », « forcer le blocus ». Ainsi, la route de la vie est un terme très familier à nos oreilles. Mais qu'est-ce qu’il désigne en réalité ? Il s’agit d’un couloir de huit à onze kilomètres de large fait le long de la côte [6]. C’est ce couloir-là qui a rétabli le lien terrestre de Leningrad avec le pays. C’est ce couloir-là que les habitants de Leningrad appelaient la Route de la Vie.
Qui et comment a-t-on réussi à préparer la voie ? Il avait été fait par les troupes des fronts de Leningrad et de Volkhov lors de l’opération dite Iskra. C’est cette opération qui avait pour but de forcer et de lever le blocus de Leningrad. Le 12 janvier 1943, les armées de deux fronts sont passés à l’offensive et, à la fin de la journée, elles ont avancé de 3 km l’une vers l’autre. Le même jour, Chlisselbourg a été libérée et toute la côte sud du lac Ladoga a été débarrassée de l’ennemi.
Le 27 janvier 1944, les Allemands furent définitivement repoussés. Le blocus fut levé [6]. Finalement, la nourriture, les médicaments et les munitions arrivèrent à Leningrad, même si le problème n’était pas complètement résolu. « Ainsi, la Route de la Vie était la route vers la victoire, la route pour sauver la capitale du nord de l’Union soviétique des fascistes », écrit l’auteur [6, p. 6], parce que « toutes les républiques soviétiques et les républiques autonomes, en particulier les régions et territoires sibériens, ont aidé Leningrad pendant le siège. La défense de Leningrad a acquis un caractère national » poursuit Efrem Tarmakhanov [ibid., p.5].
Selon notre héros, la brigade spéciale d'infanterie 123 a participé activement aux batailles pour l’ouverture de la « Route de la vie », dans lesquelles se battaient de nombreux représentants de la Bouriatie. Efrem Tarmakhanov y servait comme commandant du département des mitrailleuses avec le grade de sergent-chef. Le peloton était international. Les Russes, les Bouriates, les Tatars, les Ouzbeks et les Kazakhs se battaient côte-à-côte. Le commandant du peloton était le lieutenant russe Vassiliev de Barnaul. « Il me distinguait surtout en me considérant comme un compatriote. Le lieutenant était strict, mais en même temps très attentif à ses soldats », se souvient Efrem Tarmakhanov [6, p.6].
L’exploit des combattants ainsi que des habitants a également constitué une leçon importante pour les générations à venir. Le moral consiste en ce que même dans les conditions les plus dures, on peut faire preuve d’héroïsme et manifester de l’humanité.
En août 1944, grièvement blessé, Efrem fut démobilisé. Il subit trois graves opérations dans les hôpitaux de Vologda et d’Oussolie, puis passa sept ans avec des béquilles... [3]. Cependant cette circonstance ne devint pas un obstacle pour s’engager dans la vie personnelle et professionnelle pleine d’autres évènements et expériences. En 1944, il entra à l’Institut pédagogique de Bouriatie et, un an plus tard, il fut déjà admis au département d’histoire à l’Université de Leningrad, dont il fut un diplômé en 1950 [3].
En 1953 après avoir soutenu avec succès sa thèse à la même Université il obtint le grade universitaire de candidat en sciences historiques. Ensuite arriva l’invitation de travailler dans le département d'histoire à l’Institut pédagogique de Bouriatie (aujourd’hui l’Université d’État de Bouriatie) [2].
Il combinait impeccablement ses activités pédagogiques avec ses recherches scientifiques. Grâce à sa participation active, des centaines de professeurs d’histoire formés à Oulan-Oudé travaillaient désormais dans tous les coins en Bouriatie, dans les régions d’Irkoutsk et de Tchita. En 1970, la Commission supérieure d’attestation lui décerna le titre de professeur agrégé [ibid.].
Cependant je ne voulais pas utiliser seulement des chiffres et des faits en style CV. Comme affirment les auteurs de l’article [5]: « Derrière les phrases sèches de la biographie se cachait un homme très noble, extrêmement décent, bienveillant et empathique ».
Efrem Tarmakhanov se distinguait toujours par son attitude respectueuse envers les gens. Il ne se permettait jamais de faire preuve de mépris, d’arrogance envers qui que ce soit. Prêt à aider à tout moment, sincèrement soucieux de chacun, il était toujours entouré d’amis, de proches et d’étudiants. Les gens venaient chez lui pour demander conseil, partager leurs hauts et leurs bas, chercher du réconfort [ibid.].
« La contribution d’E. E. Tarmakhanov au développement de l’enseignement de l’histoire scolaire est significative. On peut dire sans exagération qu’il était « connu par des adultes et des enfants ». Donc, il a activement participé à la rédaction de manuels, du matériel pédagogique sur l’histoire de la Bouriatie et l’histoire de sa petite patrie, Oust-Orda. « Grâce à ces livres, les enfants ont étudié l’histoire de leur région natale, se remplissant ainsi d’amour et de fierté pour leur patrie » [ibid.].
Le nom de Tarmakhanov restera pour toujours dans le cœur de ses collègues reconnaissants, ses nombreux élèves ainsi que de ses descendants.
Sources utilisées
1.Абвер против Ленинграда: как Германия вела агитационную пропаганду в осажденном городе? // Дзен: платформа для создания и просмотра контента. URL: https: Абвер против Ленинграда: как Германия вела агитационную пропаганду в дни обороны города? | МИР 24 | Дзен
2.Галерея ученых: Тармаханов Ефрем Егорович // Галерея ученых. URL: http: Галерея ученых БГУ
3.К 100-летию известного ученого, талантливого педагога, солдата, основателя научной школы и династии // URL: http: К 100-летию известного учёного, талантливого педагога, солдата, основателя научной школы и династии — КОММУНИСТИЧЕСКАЯ ПАРТИЯ РОССИЙСКОЙ ФЕДЕРАЦИИ
4.К 81-й годовщине полного освобождения Ленинграда от фашистской блокады [сайт] // URL: https://vk.com/wall-76275_72447 (дата обращения: 06.03.2025).
5.Слово об учителе // Слово об Учителе. URL: http: // www.https: Слово об Учителе
6.Тармаханов Е.Е. Битва за Ленинград и Дорога жизни в 1941-1944 гг. // Вестник Бурятского госуниверситета., г. Улан-Удэ: Изд-во: БГУ, 2010. № 7. С.3-6.
Marina Koreneva
Enseignante
Université d’État de Bouriatie
Oulan-Oudé, république de Bouriatie
(Russie)
Enseignante
Université d’État de Bouriatie
Oulan-Oudé, république de Bouriatie
(Russie)