Salut! Ça va?

Mon héros du Régiment immortel

2025-06
Pavel Mikhailovitch Brytchev
Svetlana Korechkova :
J’aimerais partager l’histoire de mon arrière-arrière-grand-père. Pavel Mikhailovitch Brytchev est né le 22 juin 1904 dans une petite ville, Aleхine à l’ouest de la Russie. Après ses études à l’école il a déménagé à Toula pour intégrer l’école de journalisme. Là-bas il a rencontré mon arrière-arrière-grand-mère Anna Vassilievna. Ils se sont mariés et ils ont eu trois merveilleuses filles dont l’une est mon arrière-grand-mère Elvina Pavlovna qui m’a raconté cette histoire. Devenu journaliste, Pavel Mikhailovitch travaillait pour le bien du Parti communiste. Puis il a été transféré à la ville de Zeïa où toute la famille habitait jusqu’à la guerre.

Mon arrière-grand-mère me racontait que d’habitude chaque anniversaire de son père, ils allaient se promener dans un parc. L’année 1941 n’a pas fait exception. Les 22 juin, au trente-septième anniversaire du père, elle et ses sœurs, toute la famille s’est rendue au parc de la ville où, au haut-parleur, il a été annoncé que l’Allemagne fasciste avait attaqué l’Union Soviétique. Bien sûr, c’était très effrayant...

En juillet 1941 Pavel Mikhailovitch est parti au front. Il a commencé son service dans la ville de Sretinsk en tant que journaliste de guerre et a enregistré tous les événements sur le front. Pendant la guerre, Pavel Mikhailovitch a servi dans la 298ème division de fusiliers, dans le 974ème hôpital d’évacuation et dans la 36ème armée.

L’arrière-grand-mère se souvient du premier retour à la maison de son père : «Ce matin-là mon père est rentré à la maison, tout le monde a couru vers lui pour s’embrasser, mais j’étais trop petite, 5 ans, j’ai couru et ai câliné ses bottes militaires. Il m’a soulevée dans ses bras et m’a tenue, j’étais si heureuse de voir papa ! »

À la fin de la guerre, mon arrière-arrière-grand-père a reçu une médaille pour les contributions et une médaille pour la victoire sur l’Allemagne dans la Grande Guerre Patriotique.

Pavel Mikhailovitch est rentré en famille en 1946. Il a déménagé pour travailler dans le village Ovsianka, et puis à la ville de Blagovechtchensk où il a travaillé comme éditeur et a publié des journaux. Après être devenu président adjoint du comité exécutif régional Pavel Mikhailovitch est parti à la retraite. En 1980, il est mort du cancer.
La famille de mon arrière-grand-père Pavlov Ivan Vassilievitch
Maria Pavlova:
Ce ne sont pas seulement les soldats soviétiques qui travaillaient et sacrifiaient leurs vies, leur santé pour approcher la victoire dans la Grande Guerre patriotique mais ce sont aussi bien les arrières qui tâchaient avec abnégation de faire l’impossible pour les défenseurs de la patrie.

Ainsi, les cheminots dont dépendaient les soldats et leur succès pendant la guerre s'occupaient du transport des matériels militaires et des provisions. Les ouvriers réparaient et restauraient les chemins, évacuaient parfois les industries.

Je voudrais vous raconter l’histoire de mon arrière-grand-père Pavlov Ivan Vassilievitch (25.05.1914-01.05.1989) qui a consacré toute sa vie aux chemins de fer et travaillait chaque jour pour gagner pendant les années de guerre !

Ivan Vassilievitch est né le 25 mai 1914 dans un petit village dans la région de Léningrad. Ma grand-mère le rappelle parler de son enfance où il allait chaque matin à l’école la plus proche se trouvant à 5 kilomètres de chez lui, en hiver il s’y rendait en skis et tout ça parce que son village était trop petit pour avoir son école.

Après avoir fini les 4 années d’école, il a déjà commencé à aider ses parents en travaillant au Sovkhoz, puis il a fait son service militaire et est entré à l’école professionnelle ou il apprenait l’affaire ferroviaire. Diplômé de cette école il était envoyé à la région Amourskaïa dans le village de Boureïa comme conducteur de locomotive. Depuis 1963 il est resté dévoué aux chemins de fer où il a continué à travailler jusqu’à la fin.

Avant la guerre, il a fait connaissance avec une jeune fille venue de l’Ukraine qui était mon arrière-grand-mère Tatiana Kharitonovna Solotchenko. De leur mariage ils ont eu quatre enfants : Taïcia (1941), Viktor (1945), Larissa (1951) et Natalia (1952). Au début de la guerre en 1941 mon arrière-grand-père n’était pas mobilisé à cause de « sa réservation », le nombre des ouvriers de chemins de fer n’était pas suffisant et une locomotive était conduite par deux personnes au lieu de trois nécessaires. Le travail était terriblement dur car les locomotives travaillaient au charbon et il fallait le garder toujours enflammé, alors Ivan Vassilievitch ne pouvait pas consacrer beaucoup de temps à sa famille. Il n’y avait pas bien sûr de téléphones portables à cette époque-là c’est pourquoi c’est une dame qui venait chaque matin frapper à leur porte pour annoncer le commencement du quart de travail.

Il est resté aussi travailleur dans la période d’après-guerre, il s’occupait de l’élevage, de fauchage avec sa famille, mais continuait son travail de cheminot.

Ma grand-mère se souvient : « Il était toujours travailleur et homme à tout faire. Il savait réparer absolument tout, était prêt à aider tout le monde. Il savait tout mais il n’a jamais appris à faire du vélo et de la moto (en souriant). Ses voisins le considéraient comme un homme sensible et sympathique, avec qui il était intéressant de parler, qui viendra toujours en aide au cas de besoin. Malgré son éducation inachevée (4 années seulement), il aimait lire des journaux et des livres, écoutait les nouvelles à la radio. Il connaissait bien tous les hommes politiques et savait prendre part aux discussions et défendre ses idées. Il aidait ses petits-enfants à faire des problèmes de la classe de 7ème avec ses 4 années de formation ! Mon père adorait ses petits-enfants, il leur a construit lui-même un bac à sable, une balançoire et des bancs dans la cour de sa maison. Il cherchait toujours à faire plaisir et offrait des cadeaux. Il voulait accompagner Maxime (le fils de ma grand-mère, mon père) à l’école en classe de 1ère mais malheureusement il n’a pas réussi ».

Bien que mon père ait été assez petit, il se souvient très bien de mon arrière-grand-père, de leurs promenades avec son cousin, leurs balades en traîneau. Toute la famille garde les souvenirs les plus chaleureux et les plus agréables de cet homme.

Ivan Vassilievitch a été nommé Vétéran du travail, a reçu la médaille du Mérite au travail et les certificats d’honneur à plusieurs reprises, était un travailleur modèle avec plus de 40 ans au poste.

Aujourd’hui la locomotive à vapeur des années de la Grande Guerre où travaillaient les cheminots de la région Amourskaïa est exposée pendant les fêtes de mai en l’honneur de notre Victoire. La visite de « ce Train de Victoire » nous rappelle notre arrière-grand-père dans la famille et c’est pourquoi chaque année nous tâchons de voir son arrivée la veille du 9 mai.

L’exemple de mon arrière-grand-père fait comprendre la contribution importante des arrières à la victoire de l’URSS dans la Grande Guerre patriotique et moi, je suis sûre qu’il est indéniable que ce travail doit être mémorisé aussi bien que l’exploit des soldats.

Mon arrière-grand-mère, Anna Andréievna Pimakhova (née Kisseleva)
Liubov Pudovkina :
Mon arrière-grand-mère, Anna Andréievna Pimakhova (née Kisseleva) avait 17 ans quand la guerre a commencé. Pendant les années de guerre, elle travaillait dans un sovkhoze sur un tracteur « Газочурка » qui ne fonctionnait pas à l’essence mais au bois qui brûlait. Comme le disait Anna Andreievna, ce qui était le plus difficile, c’était de faire marcher le tracteur car ça exigeait beaucoup d’énergie. Le champ se trouvait très loin et il fallait le rejoindre à travers la taïga. On devait travailler sans relâche, même le week-end. Au printemps on préparait les champs pour les cultures et en hiver on exportait du bois de la taïga.

Anna Andreievna était décorée de plusieurs médailles commémoratives : 40ème, 50ème, 55ème, 60ème anniversaires de la Victoire dans la Grande guerre patriotique des années 1941-1945, « Tout pour le front, tout pour la victoire ». Ella a été aussi récompensée par un des médailles les plus importantes « pour le travail vaillant et le dévouement dans la Grande guerre patriotique ».

Après la guerre, Anna Andreievna travaillait dans le kolkhoze de Borisoglebsk de la région Oktiabrski à l’Extrême Orient russe. Puis elle a déménagé avec sa famille à Raïtchikhinsk où elle a fini ses études de couturière et travaillait beaucoup dans ce domaine.

Mon arrière-grand-père Vshivkov Petr Grigorievitch
Xénia Serova :

Mon arrière-grand-père Vshivkov Petr Grigorievitch est né à Zéïa dans la région Amourskaïa. Sa mère était sibérienne et son père cosaque. Il est parti comme volontaire défendre la Patrie sans finir la classe de 10ème parce que les Allemands s’approchaient de Moscou. Il l’a fait comme beaucoup d’autres membres du Komsomol de la Sibérie et de l’Extrême Orient. Mon arrière-grand-père et ses copains de classe sont montés dans un camion, et se sont dirigés vers le front en chantant un chant militaire. Il lui était plus facile de supporter les difficultés du temps de guerre parce qu’il savait déjà tirer du fusil Berdan, pêcher et passer des semaines dans les bois avec un morceau de pain et le chien en apportant à la maison la proie : du poisson et de la volaille. Tout ça l’aidait beaucoup dans la vie quotidienne en première ligne. Les jeunes gens originaires des villes mangeaient pratiquement de la terre en mourant de faim. Il y avait beaucoup de jeunes qui ne savaient pas nager et se noyaient. Mais mon arrière-grand-père était un bon nageur comme il est né au bord d’une rivière. Il a passé de Moscou à Berlin en libérant des villes et des pays différents, y compris la ville de Kiev, il a participé au forcement du Dniepr. Il fut sévèrement commotionné et blessé près de Pologne. Il est resté plus d’un mois à l’hôpital, d’abord sans connaissance, mais il s’est rétabli.

Après la victoire sur l’Allemagne, il libérait la Tchécoslovaquie où restaient les forces allemandes, il y perdu son ami quand ils tiraient sur les chars par les fenêtres des maisons.

Quand la guerre a été terminée mon arrière-grand-père fut obligé de rester à Berlin pendant encore deux ans parce que les vieux combattants avaient été démobilisés et les jeunes sont restés sans trouver de l’échange. Après le service militaire, il est resté vivre à Königsberg, aujourd’hui Kaliningrad. On lui a proposé un appartement meublé et une voiture mais il refusa, il lui manquait sa maison et sa mère qu’il n’avait pas vue depuis longtemps. Il est revenu à l’Extrême Orient où il a fini l’école technique et s’est marié. En tant que communiste il a été envoyé travailler dans la région de Khabarovsk, la région de pergélisol à 200 km de la mer d’Okhotsk. En 1952 c’était le territoire où se trouvaient les condamnés à mort. Mon arrière-grand-père travaillait toujours honnêtement, il réalisait les mesures et les calculs pour que les mines et les galeries ne s’écroulent pas. En 1954, après la mort de Staline, les goulags ont été supprimés et Petr est resté travailler comme beaucoup d’autres. Sa femme, mon arrière-grand-mère y travaillait aussi comme chef de la clinique. On appréciait mon arrière-grand-père au travail, on le félicitait souvent et le respectait. Il était vainqueur de l’émulation socialiste, récompensé d’une médaille d’honneur, du titre de vétéran du travail et de médailles pour le travail glorieux. On l’appréciait comme bon spécialiste. Même quand il a déménagé à Blagovechtchensk on l’appelait et demandait de venir en aide avec les calculs, c’était déjà les sociétés aurifères.

Il était père de deux enfants, de six petits-enfants de trois arrière-petit-enfants. En général, Petr Grigorievitch était un bonhomme très gai, sympathique, il aidait les gens en difficulté c’est pourquoi il a eu beaucoup de vrais amis très proches.
Mon arrière-grand-père Roulev Rodion Saphonovitch
Xenia Tikhonova :
Mon arrière-grand-père Roulev Rodion Saphonovitch est né le 2 janvier 1911 dans un village Strepskaïa du district Léninogoraski de la région Orientale Kazakhstan.

Avant la guerre il travaillait comme électricien. En 1939 il a participé aux combats de la guerre en Finlande. De retour chez lui, il fut de nouveau mobilisé en septembre 1941 dans les rangs de l’Armée pour défendre notre patrie des envahisseurs nazis. Sa division s’est formée à Alma-Aty. C’est cette division qui a participé aux batailles féroces de la défense de Moscou. Après cette bataille héroïque, leur régiment a reçu le titre « Gvardeïski ». Puis la division de mon arrière-grand père a pris part aux batailles près de Voronej et de Kharkov. Elle est entrée après ces opérations dans le groupe du Premier front Ukrainien.

Rodion Saphonovitch a aussi participé aux actions militaires à la percée de la défense sur la rivière Neisse et à la prise des villes : Cottbus, Lübben, Zossen, Luckenwalde, Treuenbrietzen, Berlin, et en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Pologne.

Après la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 sa division a été envoyée en Extrême-Orient où se déroulait la guerre avec les Japonais. Vers la fin de la guerre, mon arrière-grand-père a été obligé de se rendre dans un sanatorium pour se rétablir. Alors il est revenu à la maison en janvier 1946.

Il a continué à travailler comme électricien à la même usine jusqu’à la fin de ses jours. Il est mort le 11 mars 1968.

Pendant la guerre mon arrière-grand-père a été plusieurs fois blessé et contus. Pour son héroïsme et son courage il a été récompensé de différentes décorations : l’Ordre de la Guerre patriotique de 1er et de 2ème degrés, les médailles « d’Honneur », l’Ordre de l’Étoile rouge, le Diplôme d’Honneur signé par Staline lui-même pour le forçage des rivières et la libération des villes européennes des envahisseurs allemands.
Mon arrière-grand-mère Elena Nikolaevna Evseeva
Karina Solomiannaïa

Mon arrière-grand-mère s’appelle Elena Nikolaevna Evseeva. Elle est née le 31 janvier 1922 à Stavropol. Elle a été mobilisée à la ville de Vorochilovsk, son grade militaire est sous-lieutenant.

Elle s’est révélée volontaire et courageuse dans les combats contre les envahisseurs germano-fascistes, surtout lors de la percée de la défense durable de l’ennemi sur le point d’appui de la rive gauche de la Vistule au sud de Varsovie. Pendant toute la période des combats offensifs, Elena Nikolaevna a constamment été avec le groupe de première ligne du quartier général du corps et, malgré les tirs intenses de l’ennemi et les bombardements aériens dans la région du village de Klossów, agissant en tant qu’expéditrice, elle remplissait également les fonctions de télégraphiste, effectuant de manière précise la réception et l’envoi des télégrammes tout en assurant leur livraison immédiate au destinataire, ce qui a facilité la gestion du combat par le commandement. Mon arrière-grand-mère, par son exemple personnel et son dévouement, a inspiré les combattants à réaliser des exploits dans l’accomplissement des tâches.

Elena Nikolaevna a passé quatre années au front. Elle a été décorée de l’Ordre du Drapeau rouge. Après la guerre elle a travaillé comme secrétaire-dactylographe au NKVD. Elle a eu deux fils et trois petits-fils.

Je suis très fière de mon arrière-grand-mère !
Préparé par Tatiana Novitskaya
Enseignante de l’Université pédagogique de Blagovechtchensk (Russie)