Dans trois mois... Dans deux mois... Oh ! La panique :aucune idée ! On n’y pense pas assez. Dans un mois déjà ! C’est incontournable – le jour de la fête de la Francophonie ! C’est la préoccupation du professeur de français ! Pourquoi ?
C’est le point culminant des efforts de toute une année d’études qui approche inévitablement ! Alors, du calme ! Qu’est-ce que l’on va monter des connaissances acquises ? Quelques poésies, quelques dialogues, quelques chansons, quelques scènes... Ah, on a même composé des poèmes ! Et il s’avère qu’il y a des enfants qui jouent du piano, du saxophone, d’autres font de la danse, du cirque, du théâtre... Mais trouver un thème qui unit tout – ça, c’est un problème.
Puis, écrire un scénario, choisir de la musique, des images pour la présentation, un libretto pour les spectateurs en russe… et ne pas oublier des diplômes ! Il s’agit de nos « Diplômes de courtoisie envers la langue française » inventés depuis plusieurs années. On essaie d’en remettre un à chaque élève, plutôt en souvenir... On collabore avec une imprimerie et il faut penser à ce que tout soit préparé d’avance : les programmes, les diplômes, les invitations.
L’année dernière, la fête était consacrée au sport et aux Jeux Olympiques de Paris. Quel l’évènement-phare pour cette année ? On aurait pu simplement créer notre « Kaléidoscope printanier » ... Mais oui ! La rosace de la fameuse façade de Notre-Dame de Paris – une idée vient alors toute seule - « Il est venu le temps des cathédrales... ». Trouvé !
Mais le plus gros problème qui vient avant tout, c’est... la motivation. C’est essentiel et c’est ce qui exige le plus de forces de la part des professeurs et sans quoi on ne pourrait jamais faire quoi que ce soit. Il faut que les enfants, eux, soient motivés. Qu’ils aient l’envie : de perpétuer cette fête traditionnelle, d’inventer, de répéter leurs présentations, de faire des efforts et tout ça avec plaisir !Comment les enthousiasmer, leur offrir notre passion à partager pour la France et le français ? Chaque enseignant doit se débrouiller avec ça comme il peut, tout seul, avec sa personnalité, sa volonté, son charisme, son autorité, ses connaissances, et cela même s’il est fatigué, mal dans sa peau, ou a des problèmes.
Mais dès que cette motivation arrive, les élèves sont alors prêts à tout faire, les yeux brillants et l’âme ouverte, ils ont envie de se produire sur la scène, de chanter, danser et déclamer.
Cette année on attend deux chansons de la comédie musicale « Notre-Dame de Paris », une chanson d’Édith Piaf « La foule » et une composition de cirque. Il y aura des « croissants magiques pour nous téléporter tantôt au Moyen Age, tantôt aux temps des mousquetaires du cardinal Richelieu et de Paul Scarron, tantôt chez Charles Trenet avec sa « Douce France », ou à Montparnasse au Café des poètes. Et il y aura un accordéon français, un piano, un saxo et beaucoup de musique, bien sûr.
Les parents viendront écouter et admirer leurs enfants, les collègues aussi pour soutenir les amis subissant le stress : jamais on ne sait jusqu’au bout si nos rêves se réaliseront. Ne soyons pas trop superstitieux en les révélant ! Souhaitez-nous à nous et à notre belle langue française du succès et de la prospérité partout dans le monde pour cette fête, consacrée cette année à Notre-Dame de Paris.
Galina Bezrodnaya Professeur de français Centre interscolaire École associée de UNESCO Krasnodar (Russie)