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L’amitié russo-chinoise : quand la jeunesse écrit l’avenir

2025-08-08 14:35 2025-04
Aujourd’hui la Russie et la Chine se retrouvent à un niveau important du développement de leur relations dans tous les domaines : commerce, recherche, éducation, culture, tourisme, mémoire historique commune, etc.
Ici, à la frontière russo-chinoise, à Blagovechtchensk de la région Amourskaya, le phénomène remarquable de l’union de deux géants eurasiens est surtout ressenti. La vie de nos villes frontalières – Blagovechtchensk et Heihe – est très étroitement liée l’une à l’autre, les échanges se perpétuent au niveau officiel ou personnel. Ici, comme nulle part ailleurs, on peut mesurer le degré du virage de la Russie vers l’Est, sentir la stabilité de cette voie et le soutien à tous les niveaux.
Depuis deux ans je travaille comme adjoint au doyen de la faculté des langues étrangères, responsable de l’éducation extra-scolaire des étudiants étrangers. Et je vois à quel point cette interaction interculturelle est intense parce qu’il ne passe pas une ou deux semaines sans que nos étudiants chinois soient invités à participer à divers événements culturels russo-chinois dans les bibliothèques, les écoles, centres de loisirs municipaux, où ils récitent des poèmes, chantent des chansons, partagent leurs traditions culturelles, animent des ateliers artistiques autour des traditions populaires chinoises et plein d’autres.
Les étudiants chinois viennent nombreux pour apprendre le russe ou suivre une autre formation professionnelle dans les universités de Russie. Et le taux de la popularité de la langue chinoise bat tous les records dans notre région aussi bien que, je pense, dans le pays en général. Dans les écoles il y a toujours un manque significatif de professeurs de chinois, tant les élèves désireux de l’étudier sont nombreux. Alors que nos étudiants, futurs professeurs, ayant obtenu le haut niveau professionnel du chinois, optent pour une multitude de débouchés dans les domaines divers, autres que l’éducation, où ils appliquent leurs compétences pour un salaire beaucoup plus élevé que celui de professeur d’école.
Évidemment, tout le monde n’apprend pas la langue mandarine qui est très particulière et assez difficile. À mon grand bonheur, il y a toujours des amateurs des langues européennes, et des inconditionnels passionnés de ma bien aimée langue française !
Pour revenir aux relations russo-chinoises, je peux vous assurer : nous entretenons des relations mutuelles, chaleureuses et sincères avec les Chinois. Notre amitié n’a pas d’obstacles, elle est chérie, soutenue et promue par les autorités officielles, et ne fait que croître en activités communes diverses. Loin des clichés diplomatiques, cette connexion s’enracine dans le quotidien, les passions partagées et une vision commune de l’avenir.
L’action du groupe international d’étudiants « Ivan et Van », dont je suis le mentor, réunit les étudiants chinois et russes les plus actifs de notre faculté. Sa création en 2018 répondait aux besoins de mieux rapprocher les jeunes qui étudiaient entre les mêmes murs mais restaient distants, tellement nos cultures et caractères nationaux sont différents. Aujourd’hui l’activité du groupe correspond bien aux stratégies et objectifs du développement de la politique jeunesse et de la coopération russo-chinoise aux niveaux universitaire, régional et national. Elle construit avant tout des ponts d’amitié et de compréhension mutuelle entre les jeunes, leur ouvre des horizons pour découvrir la culture de l’Autre et leur permet de comprendre que nous sommes tous si différents, mais que nous aspirons à vivre en paix et en harmonie, en partageant la joie des échanges et de nouvelles découvertes.

À travers des projets créatifs communs et des rencontres culturelles et éducatives, nous développons la capacité des jeunes de sortir des sentiers battus, de fixer de nouveaux objectifs et à les atteindre de manière créative. Nous organisons des cours insolites pour les écoliers, participons nous-mêmes à des ateliers d’apprentissage mutuel du chinois et du russe, animons des master-classes pour faire découvrir les traditions culturelles de nos deux peuples, et jouons à des jeux populaires chinois et russes. Par notre exemple, nous montrons que ces « petites aventures » pédagogiques et culturelles aident à mieux se comprendre à travers une réinterprétation créative des cultures russe et chinoise.

Le groupe étudiant international « Ivan et Van » est une expérience unique. Il faut dire qu’avant d’interagir avec des enfants et des jeunes lors de festivals ou concours culturels, le groupe travaille beaucoup en interne à renforcer sa cohésion et à bâtir une compréhension interculturelle, autour de valeurs et priorités communes.

« Ivan et Van » inculque à ses membres l’essentiel : accepter la culture l’Autre, la voir comme une source d’enrichissement personnel, une opportunité d’élargir ses horizons, et la joie de découvrir : « Chez eux, tout est différent ! Mais comme c’est fascinant ! Je l’ai compris par moi-même, et je vais le partager autour de moi ! ».

C’est là que se produit un petit miracle pour chaque membre du groupe : ils parlent à peine la langue de l’autre, mais se comprennent, se ressentent, plaisantent, rient, et s’inspirent l’un l’autre d’une énergie positive qu’ils transmettent autour d’eux.

Et pour moi, en tant que mentor, observer tout cela est d’une valeur inestimable !
Olga Kukharenko
Enseignante
Université pédagogique d’État de Blagovechtchensk
Région Amourskaya (Russie)