Salut! Ça va?

« Le chemin vers nulle part »

2022-12
Halina Bers est l’auteur du livre “Le chemin vers nulle part” ou elle raconte les souvenirs de sa grand-mère qui, jeune fille d’origine polonaise, traverse seule l’Europe de l’Est détruite par la guerre du XXe siècle et se retrouve à Saint-Pétersbourg. Elle a connu une vie d’errance, la révolution de 1917, puis le siège de Leningrad. Toutes ces péripéties de vie lui apprennent à lutter et ne jamais baisser les bras. Ce roman est aussi une histoire de la mère de l’auteure. C’est grâce à ses souvenirs que Halina a pu écrire ce livre qui nous invite à revivre avec elle une épopée familiale bouleversante.

Chère Halina, je vous remercie beaucoup d’avoir consenti à parler de votre livre qui raconte l’histoire de votre famille d’origine russe. Pourriez-vous un peu parler de votre famille ?

Ma grand-mère née en Pologne est venue à Saint-Pétersbourg avec une famille de la noblesse russe. Au moment de la révolution, ils ont disparu et elle se retrouva seule et sans famille. Elle a vécu les bouleversements du pays en 1917 à Petrograd puis le blocus de Leningrad en 1941. Elle a survécu par miracle, a été évacuée en 1943 et a rejoint la Sibérie où je suis née en 1944.

Comment vous êtes-vous retrouvée en France un jour ?

Ma grand-mère était venue en Sibérie pour ma naissance, où, son fils blessé à la guerre était en convalescence. Il avait rencontré ma mère et ils se sont mariés. Ensuite nous avons essayé de le rejoindre lorsqu'il était reparti au front.

La guerre n'était pas encore terminée et nous avons erré à travers le pays sans le retrouver. Puis ma mère s'est remariée avec un homme qui avait de la famille en France et c'est comme ça que je me suis retrouvée à Paris. Jusqu'à l'âge de 13 ans, j'ai vécu seulement avec ma grand-mère à Leningrad.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers jours en France ?

A Leningrad, je lisais énormément de livres d'écrivains classiques français, peut-être un peu trop tôt pour mon âge. Avec mon imagination d'enfant, je voyais de belles dames dans de somptueuses robes, avec de jolies ombrelles pour se protéger le visage. Mais oh surprise ! En arrivant à la gare, il y avait des clochards au pied des réverbères. Je me suis très vite adaptée à l'école française, sans comprendre pourquoi les filles et les garçons n'étaient pas ensemble.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans un pays inconnu ?

Au début c'était la prononciation de la langue, puis la nourriture. Les escargots, les cuisses de grenouille, l'andouillette, les huîtres, etc. Mais dans l'ensemble, je me suis adaptée assez rapidement.

Êtes-vous retournée en Russie pour voir votre famille, retrouver les endroits où vous avez passé votre enfance ?

Je vivais avec ma grand-mère à Leningrad lorsque ma mère est venue me chercher pour aller en Sibérie avant de partir pour la France. C'est comme ça que j'ai retrouvé ma famille maternelle que je ne connaissais pas les ayant quittés à l'âge de quelques mois.

Gardez-vous des liens avec votre famille maternelle en Sibérie ?

Oui, je corresponds régulièrement avec mes cousines et ma tante qui va bientôt fêter ses 86 ans, c’est la sœur cadette de ma maman.

Quand on parle des caractères nationaux, c’est souvent stéréotypé. Mais quand même, ressentez-vous en vous quelque chose de russe ?

Bien sûr, malgré les dizaines d'années d'absence, au fond de mon cœur, il existe toujours ce manque de spontanéité et d'accueil qui existe dans le pays de ma naissance et qu'on appelle : l’âme russe.

Parlez-vous russe ?

Je le parle, mais j'ai perdu pas mal de vocabulaire. Je ne parlais qu'avec ma mère qui m'a beaucoup aidée avec ses souvenirs pour écrire ce livre. Elle est décédée en 2019 à presque 99 ans. Malheureusement elle n'a pas pu voir mon livre publié.

Et votre mère, comment a-t-elle vécu la séparation avec sa patrie ? Quels souvenirs gardait-elle ?

Ma mère était très nostalgique d'avoir quitté les siens. Elle était très proche de sa famille avec laquelle, malgré l'éloignement, elle correspondait régulièrement. Elle est retournée plusieurs fois pour les revoir et respirer l'air de son pays. Et c'est elle qui me racontait son parcours avant ma naissance.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre ?

Depuis longtemps, j'avais le désir d'écrire l'histoire de la famille pour transmettre les racines à mes petits-enfants. Je travaillais beaucoup et le temps me manquait.

Ce roman, ce sont surtout des souvenirs de votre grand-mère ? Quelle est l’idée que vous voulez communiquer à vos lecteurs ?

Dans mon livre, j’évoque des traditions et les vies d'autres personnes qui traversent l'histoire, qui se croisent, se quittent. Je décris les invraisemblables situations difficiles où se trouvent les femmes et les enfants, les errances à travers la Russie, la Pologne, l’Ukraine, la Sibérie, les destins croisés, les sentiments et les raisons pour comprendre ce qui a poussé les gens dans des actions bonnes ou mauvaises.

« Le chemin vers nulle part » se déroule comme un film dans lequel chacun peut se retrouver ou réfléchir sur les conséquences des conflits mondiaux.

Comment le livre est-il accueilli par les lecteurs en France ? Aimeriez-vous le traduire en russe et publier en Russie ?

Pour un premier roman, très bien. J’ai eu beaucoup de retours sur mon livre. Certains lecteurs regrettent de ne pas pouvoir retrouver les archives de leur famille, d'autres apprennent des pages d'histoire qu'ils ne connaissaient pas, d'autres encore se souviennent des traditions et de la tendresse de leur babouchka.

J’aimerais bien publier mon livre en russe. Ma famille maternelle qui vit en Sibérie pourrait le lire. Ce serait bien parce que je parle de mes souvenirs parmi eux lorsque j'étais petite. Ils restent gravés, comme les meilleurs moments de ma vie.

Merci beaucoup !



Avis des lecteurs de « Le chemin vers nulle part » :

« Un livre passionnant qui nous rappelle les évènements du XXe siècle en URSS. Il est bien documenté et intègre la vie d'une famille dans cet univers tourmenté. Beaucoup d'émotions et d'amour. A lire sans modération ! »

« Ce roman, à la fois historique et largement autobiographique, m'a passionné dès les premières pages. Comment ne pas être touché par la vie romanesque de Maria, qui traverse les évènements tragiques qui ont jalonné l'histoire de la Pologne, de l'Ukraine et de la Sibérie tout au long du XXe siècle ».



« J'ai été captivée par les descriptions historiques très détaillées et fouillées de ce roman, transcrites dans une belle écriture fluide et prenante ».



« J'ai été bouleversée par l'amour inconditionnel qui lie Maria à sa petite-fille Galina et la force de caractère inouïe qu'elle a su lui transmettre pour affronter une vie d'errance et de privations. Ce livre m'a tenue en haleine de bout en bout. Un roman à la fois instructif et riche en émotions. Je le recommande vivement ».

« Reçu pour Noël, ce roman autobiographique m'a transportée dans une Europe de l'Est ravagée par la guerre. Nous y suivons les nombreuses péripéties vécues par Maria, qui, livrée à elle-même dès son plus jeune âge, nous surprendra par sa résilience, son courage, son instinct de survie que rien ne peut ébranler. Entre les joies, l'abandon, la misère, les amours, la faim, les retrouvailles ou l'exil, préparez-vous à monter dans l'ascenseur émotionnel. Une fois ouvert, il est difficile de se défaire de ce livre tant le destin de cette femme forte nous fascine ».

« L'auteur raconte avec brio la vie de sa grand-mère, Maria, qui a traversé avec force les grands évènements tragiques du XXe siècle en Europe de l'Est. Passionnant et bouleversant ! »

« Le parcours semé d'embûches d'une femme courageuse tout au long d'un siècle d'histoire russe. Du suspense, des rebondissements, des émotions. Un cocktail très réussi pour ce premier roman. Très bien écrit ».

« Je viens de terminer ce roman historique que j’ai beaucoup apprécié. C’est un énorme travail de recherche sur l’histoire de la Russie. Les personnages sont très attachants, leurs chemins de vie sont mouvementés. Une écriture fluide et agréable. C’est un excellent livre que j’ai beaucoup apprécié et que je recommande à tous ceux qui aiment les romans historiques. »

« Bonjour Halina ! J’ai eu récemment le Plaisir de découvrir votre livre, je l’ai adoré, il m’a profondément bouleversée. J’ai trouvé un peu de mon essence dans vos écrits parce que je suis moi-même d’origine polonaise de par ma mère et ma grand-mère Maria. Et toutes les deux ont aussi vécu une vie chaotique. Bravo pour cet ouvrage ! La lecture fut captivante et très riche en émotions. »

« Bonjour Galina ! J’ai fini de lire votre livre qui m’a plongée dans l’époque du siècle dernier de mon pays et de tous les évènements qui l’ont tourmenté. Je me suis promenée avec ces personnages dans les rues de Leningrad, en reconnaissant les endroits. A Vorobyëvka je me suis retrouvée dans mon enfance, dans le village de ma baboulia, dans la région de Vologda, ou je parcourais avec d’autres enfants les jardins, les étables, les bois et les senovals, pieds nus. J’adorais les vatrouchkas au fromage blanc que ma grand-mère préparait dans le poêle russe.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt et de sympathie la vie mouvementée que votre famille a vécue. Merci d’avoir partagé vos témoignages dans cette belle œuvre ! »